Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades. Dix-neuvième partie

semaine du 19 au 25 février 2018

La médecine palliative s’est développée au cours de ces dernières années pour soulager les souffrances des malades en fin de vie. Cette médecine présente un certain nombre de caractéristiques sur lesquelles on s’interrogera tout au long de cette rubrique.

"La nuit n’est jamais complète. 

Il y a toujours, puisque je le dis, 

Puisque je l’affirme,  

Au bout du chagrin 

Une fenêtre ouverte, 

Une fenêtre éclairée,  

Il y a toujours un rêve qui veille, 

Désir à combler, Faim à satisfaire, 

Un cœur généreux, 

Une main tendue, une main ouverte, 

Des yeux attentifs, 

Une vie, la vie à se partager" 

Paul Eluard, La nuit n’est jamais complète  

Dans sa définition des soins palliatifs, l’Organisation mondiale de la santé met au même plan – et ce pour la première fois dans l’histoire de la médecine – les besoins médicaux, psychologiques et spirituels des malades en fin de vie. Sur le plan physique, les malades en phase terminale font l’objet d’une prise en charge spécifique dont la particularité repose sur une large pharmacopée destinée à éradiquer la douleur. Dans les maladies incurables les symptômes douloureux sont particulièrement importants : pour traiter les algies, plusieurs traitements peuvent être employés.  

L’organisation mondiale de la santé a élaboré une échelle à trois niveaux destinés au traitement médicamenteux de la douleur : le premier pallier correspond aux médicaments non-opioïdes (ex. paracétamol) ; le second préconise les opioïdes faibles et, enfin, le troisième, recommande l’utilisation d’opioïdes puissants (ex. morphine)Contrairement à ce que pensent la plupart des gens, l’administration de substances morphiniques n’entraîne pas l’accoutumance chez les malades.  

Chez les patients en phase terminale, les spécialistes évoquent des épisodes particulièrement douloureux s’accompagnant de douleurs diffuses. Il existe de nombreux traitements qui viennent compléter les antalgiques (anticonvulsifs ou encore cortico stéroïdes) ; neurostimulation électrique transcutanée et techniques invasives (installation de pompes pour administrer les traitements directement dans le liquide céphalo-rachidien).  

Il existe de nombreuses autres sensations douloureuses qui affectent le malade. L’inconfort respiratoire qui forme l’un des symptômes les moins connus de la fin de vieOr cette difficulté à respirer (dyspnée inspiratoire/dyspnée expiratoire) est l’un des troubles les moins connus chez les malades en fin de vie. Il est pourtant l’un des plus diffus et des plus pénibles. Au plan psychologique, les troubles neuropsychiatriques sont aussi très diffus en médecine palliative : les états délirants accompagnés d’états confusionnels, et d’agitation sont fréquents chez les malades. 

Lorsque tous ces traitements n’agissent pas sur la souffrance du patient, l’équipe soignante peut recourir à la sédation. Pour que la sédation puisse être administrée au malade, il est impératif que le patient ait accordé son consentement. La sédation peut être temporaire ou définitive (sédation profonde). Dans le premier cas, le malade est plongé dans un état de sommeil temporaire afin de soulager ses souffrances, tandis que la sédation profonde est irréversible. La loi Léonetti-Claeys du 2 février 2016 a introduit récemment le droit à la sédation profonde et continue en fin de vie pour les malades qui en auraiexprimé le souhait (directions anticipées) 

Bérangère Soustre de Condat-Rabourdin  

La semaine prochaine : Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades. Vingtième partie 

 

 

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12 Février 2018 - 8:15am