Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades. Dixième partie

semaine du 27 novembre au 3 décembre 2017

La médecine palliative s’est développée au cours de ces dernières années pour soulager les souffrances des malades en fin de vie. 

Parmi les principes fondamentaux des soins palliatifs, l’un mérité d’être évoqué plus particulièrement car il en constitue un aspect primordial : la conception de la mort.  

En tant que phénomène naturel, la mort est étroitement liée à la vie. Elle est en fait partie et en marque l’aboutissement ultime. La mort est ontologiquement liée à l’homme. Les soins palliatifs mettent tout en œuvre pour rendre la fin de vie confortable. Ils proposent donc une approche humaniste de la médecine.  

Dans cette approche globale de l’individu et de fin de vie, une place importante est accordée à la douleur. Selon l’Association internationale d’étude sur la douleur (IASP), la douleur est un phénomène polymorphe dont les manifestations nécessitent « une bonne connaissance des phénomènes générateurs, des causes déclenchantes et des réactions émotionnelles. Elle nécessite une bonne évaluation et une appréciation de la juste intensité des douleurs et de ses conséquences comportementales ». Comme nous l’avons précédemment observé, c’est au docteur Cicely Saunders que nous devons le concept de « douleur totale » (totally pain) : la douleur est une expérience totale qui demande une approche pluridisciplinaire.  

La douleur totale en fin de vie se décline en quatre composantes essentielles interdépendants et agissant à la fois sur l’organisme et le psychisme du malade : 

  • La douleur mentale: se réfère aux émotions et aux sentiments que peut ressentir le malade. La prise en charge de cette dimension est fondamentale car le ressenti émotionnel peut augmenter considérablement la douleur physique ;Les facteurs émotionnels et sociaux peuvent également jouer un rôle déterminant sur le ressenti physique de la douleur. Aussi, les soins palliatifs insistent sur l’importance du dialogue entre le malade et le personnel médical, paramédical, les bénévoles etc. 

  • Ldouleur sociale qui intervient souvent à la suite d’une difficulté professionnelle ; 

  • La douleur spirituelle rattachée à la détresse de l’homme à l’approche de la fin de vie.  

  • La douleur physique répond à trois mécanismes essentiels (excès de nociception, les douleurs neuropathiques et les douleurs psychogènes) 

Les douleurs nocicéptives – nous l’avons vu – sont dues à la stimulation excessive du système nerveux : 

chroniques ou aigües, elles concernent l’ensemble de l’organisme. Les douleurs neuropathiques sont liées à la lésion du système nerveux central ou périphérique. Enfin, les douleurs psychogènes peuvent être définies comme « une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à des lésions tissulaires potentielles ou simplement décrites en ces termes » (Association Internationale de la Douleur). 

Bérangère Soustre de Condat-Rabourdin 

La semaine prochaine : Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades. Onzième partie 

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26 Novembre 2017 - 9:52pm