Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades. Douzième partie

semaine du 11 au 17 décembre 2017

La médecine palliative s’est développée au cours de ces dernières années pour soulager les souffrances des malades en fin de vie. Cette médecine présente un certain nombre de caractéristiques sur lesquelles on s’interrogera tout au long de cette rubrique.   

"Guérir parfois, soulager souvent, écouter toujours

Louis Pasteur

Tanguy Châtel distingue plusieurs temps du mourir dont chacun correspond à un moment particulier du vécu du malade et de sa maladie. Ces « temps » sont au nombre de cinq : le temps du héros, du pèlerin, des ignorances, de l’ermite, de l’ami et du détachement. Si chacune de ces étapes qui jalonnent le parcours du malade sont importantes, il n’en demeure pas moins que certaines apparaissent plus significatives que d’autres. C’est le cas – notamment – du temps de l’ermite où le malade endure l’une des conséquences majeures de la maladie : la solitude.   

De nos jours, la majorité des malades atteints d’une pathologie incurable meurent en structure hospitalière. Et l’hospitalisation dans un contexte fortement médicalisé ne fait qu’accentuer l’impression de solitude que ressentent les malades. Une étude menée par l’Institut national des études démographiques en 2011, affirme que seule une personne sur dix meurt seule. Cependant, comme le souligne Tanguy Châtel, il est évident que la déculturation de la mort qui s’est affirmée dans nos sociétés occidentales contemporaines ne facilite pas l’accompagnement de la personne en fin de vie. Les non-dits et le rejet de la maladie occasionnent une incompréhension certaine entre le malade et les bien-portants.  

Ce rejet du corps malade est aussi à l’origine de l’idée selon laquelle la « belle mort » est une mort subite, rapide et indolore. Le processus destructeur de la maladie incurable dérange et choque notre société. Pour bien des personnes, les unités de soins palliatifs sont de véritables mouroirs où les malades agonisent en souffrant. En réalité, c’est dans ces unités que les équipes pluridisciplinaires œuvrent pour le bien-être du malade et pour celui de sa famille. La mort peut donc être apaisée lorsqu’elle fait l’objet d’un accompagnement, même si elle reste un moment d’extrême solitude pour le malade.  

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la personne en fin de vie ne craint pas la mort, mais plutôt la souffrance, la perte d’autonomie physique et/ou mentale, la séparation et l’isolement. 

Bérangère Soustre de Condat-Rabourdin   

La semaine prochaine Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades. Treizième partie 

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11 Décembre 2017 - 8:11am