Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades. Huitième partie

semaine du 13 au 19 novembre 2017

La médecine palliative s’est développée au cours de ces dernières années pour soulager les souffrances des malades en fin de vie. Cette médecine présente un certain nombre de caractéristiques sur lesquelles on s’interrogera tout au long de cette rubrique.

 

«Les soins palliatifs s’intègrent tout simplement dans la nécessaire continuité du soin, dans la globalité de l’accompagnement »  

Régis Aubry  

Pendant très longtemps, beaucoup d’images négatives ont été véhiculées par les médias sur les établissements proposant des soins palliatifs. Souvent perçus comme des mouroirs, les hôpitaux et les maisons de médecine accueillant les personnes en fin de vie sont peu ou mal connus. Soulignons qu’une idée récurrente associe cette médecine à la gériatrie. Or, il faut noter que des personnes de plus en plus jeunes recourent à cette médecine pour profiter d’une qualité de vie lorsque la médecine curative ne peut plus arrêter l’évolution de leur maladie.  

Il existe cependant des spécialisations palliatives ; c’est le cas notamment de la médecine palliative pédiatrique qui présente un certain nombre de particularités liées au jeune âge des malades et à l’encadrement spécifique que nécessitent leurs familles. Comme nous l’avons précédemment indiqué, plusieurs textes ont défini la médecine palliative : « soins actifs dans une approche globale de la personne atteinte d’une maladie grave, évolutive ou terminale » (Société française de soins palliatifs, 1990) ou encore la loi Kouchner de 2002, visant à garantir le droit à l’accès aux soins palliatifs, qui définit ceux-ci comme des « soins actifs et continus pratiqués par une équipe interdisciplinaire en institution ou à domicile ».  

Par la suite d’autres définitions ont été données par des institutions nationales ou internationales, ce qui témoigne d’une évolution constante de la pratique palliative et des spécificités liées aux besoins des patients et à l’expérience sur le terrain des personnels de santé. Lorsqu’un malade est en phase palliative terminale, son décès peut survenir à tout moment, même s’il n’est pas aisé d’en déterminer le moment précis durant lequel la mort va survenir. En phase terminale, le décès est imminent et inéluctable.  

L’un des premiers textes de référence sur les maladies terminales – la circulaire Laroque (1986) – évoque l’importance des soins palliatifs et l’approche globale du malade qui doit répondre aux différents besoins exprimés par le malade : « (…) un ensemble de prévention et de lutte contre la douleur, de prise en charge psychologique du malade et de sa famille, de prise en considération de leurs problèmes individuels, sociaux, et spirituels ».  Une évolution significative est amorcée à la fin des années ’90 avec la reconnaissance de l’accès aux soins palliative « à toute personne malade dont l’état le requiert » (Loi 99-47 du 9 juin 1999). 

Bérangère Soustre de Condat-Rabourdin 

La semaine prochaine Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades. Neuvième partie 

 

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13 Novembre 2017 - 8:16am