Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades. Neuvième partie

semaine du 20 au 27 novembre 2017

La médecine palliative s’est développée au cours de ces dernières années pour soulager les souffrances des malades en fin de vie. 

« L’espace-temps de la mort est une occasion inoubliable d’intimité » 

Marie de Hennezel 

 

L’une des grandes difficultés de la médecine palliative consiste à déterminer le début de la phase terminale. S’il est évident que, dans le cas des personnes âgées, la mort est considérée comme naturelle, dans le cas de malades plus « jeunes », déterminer la survenue de la phase finale de la vie n’est pas chose aisée. On peut également souligner qu’avec les progrès de la médecine au cours de ces dernières années, la durée de vie a sensiblement augmenté : s’il y a de plus en plus de personnes âgées, il n’en demeure pas moins qu’elles sont souvent atteintes de maladies chroniques, évolutives ou terminales (insuffisance cardiaque, pathologies neurologiques etc.). 

En France, on vit donc de plus en plus vieux. La majorité des Français souhaitent terminer leurs jours chez eux. Comme le rapporte M. – A. Coste-Clermont dans son essai L’aide-soignant face à la fin de vie (2015), selon un sondage IFOP de 2010, 80% des sujets interrogés sur la fin de vie affirment vouloir finir leur vie à leur domicile. Le nombre important de personnes âgées, fragilisée par leur état de santé et nécessitant une médecine gériatrique et des services spécifiques, l’administration a développé la création d’unités de soins palliatifs ou d’équipes mobiles intervenant à domicile. Depuis plusieurs années, les professionnels de la médecine palliative se mobilisent pour que les soins palliatifs se développent un peu partout en France, notamment dans les établissements destinés aux personnes âgées (EHPAD : Etablissements d’Hébergement pour personnes âgées dépendantes). 

Chez la personne âgée, la fin de vie est particulièrement complexe et requiert l’expérience et le savoir-faire de tous les professionnels de santé. Il est impossible de déterminer l’instant précis où commence la phase agonique chez un malade. Or, classiquement, il faut distinguer deux grandes phases de la fin de vie : la phase pré-agonique et celle agonique. Durant la phase pré-agonique, les organes fonctionnent de plus en plus mal et tout un ensemble de « signes » (neurologiques, cardiovasculaires, respiratoires) peuvent être constatés. 

Au cours de la phase dite « agonique, en revanche, le malade entre dans la phase irréversible de sa pathologie, celle qui le conduit au décès. Les signes déjà constatés pendant la phase pré-agonique s’aggravent et le « masque agonique » - la transformation singulière des traits du visage – se dessine sur le visage du malade. Il est donc fondamental pour les soignants d’observer et d’identifier les signes cliniques permettant de définir l’arrivée de la mort.   

Bérangère Soustre de Condat-Rabourdin  

La semaine prochaine Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades. Dixième partie 

 

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20 Novembre 2017 - 8:15am