Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades. Trente-deuxième partie

semaine du 18 au 24 juin 2018

La médecine palliative s’est développée au cours de ces dernières années pour soulager les souffrances des malades en fin de vie. Cette médecine présente un certain nombre de caractéristiques sur lesquelles on s’interrogera tout au long de cette rubrique.  

 « Ce ne sont pas les événements qui troublent les hommes, mais les évaluations prononcées sur les choses : ainsi la mort n’est rien de terrible (car même à Socrate elle serait apparue terrible), mais l’évaluation prononcée sur la mort : qu’elle est terrible – voilà ce qui est terrible. Quand donc nous sommes entravés, ou troublés, ou affligés, n’en imputons jamais la faute à l’autre, mais à nous-même, c’est à dire à nos propres évaluations » 

Epictète

L’un des objectifs principaux de la médecine palliative est de soulager les maux du malade en fin de vie, qu’il s’agisse de la douleur physique, psychologique ou spirituelle.  Rappelons à ce titre que l’Organisation mondiale de la santé (2002) définit précisément les objectifs des soins palliatifs : « Les soins palliatifs cherchent à améliorer la qualité de vie des patients et de leur famille, face aux conséquences d’une maladie potentiellement mortelle, par la prévention et le soulagement de la souffrance, identifiée précocement et évaluée avec précision, ainsi que le traitement de la douleur et des autres problèmes physiques, psychologiques et spirituels qui lui sont liés ». 

Cette définition permet de saisir les enjeux de la médecine palliative qui considère toutes les souffrances du malade, sans exception. Or, le souci essentiel demeure le respect des décisions du patient. La communication est le pilier sur lequel se forge la relation entre celui-ci et son médecin. La communication est aussi essentielle entre les différents acteurs des soins palliatifs. Fondée sur le principe de l’interdisciplinarité, la médecine palliative est caractérisée par l’apport de nombreuses professions médicales et paramédicales dont l’objectif principal est la prise en charge globale du malade. En ce sens, le dialogue et l’échange entre ces professionnels sont essentiels. Lorsque le patient ne parvient plus à communiquer verbalement, la communication non-verbale prend le relai permettant ainsi une autre forme de communication entre le malade et son entourage, les médecins et les équipes soignantes, ou encore les bénévoles d’accompagnement.   

Un volet essentiel de la médecine palliative concerne la douleur dont la prise en charge repose sur un éventail relativement large de médicaments. Comme le rappellent le Pr. J.-D. Borrasio et R. Aubry dans leur essai La fin de vie (2016), la douleur ne représente qu’une partie des symptômes physiques du malade en fin de vie, auxquels il faut associer la gêne respiratoire, les nausées et les vomissements, ainsi que la dépression et la confusion mentale. Le traitement de la douleur physique est l’un des grands domaines de la médecine palliative. Chez les malades en fin de vie, les états algiques sont très importants, et demandent une pharmacopée particulière.  Classiquement, les médecins se réfèrent à une échelle pour le traitement de la douleur élaborée par l’OMS : au premier pallier correspondent les médicaments non-opioïdes (ex. paracétamol) ; au deuxième pallier, les opioïdes faibles (ex. tramadol) et au troisième, les opioïdes puissants tels que la morphine. 

Bérangère Soustre de Condat-Rabourdin  

La semaine prochaine : Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades. Trente-troisième partie 

 

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17 Juin 2018 - 10:00pm