Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades. Trente-et-unième partie

semaine du 11 au 17 juin 2018

La médecine palliative s’est développée au cours de ces dernières années pour soulager les souffrances des malades en fin de vie. Cette médecine présente un certain nombre de caractéristiques sur lesquelles on s’interrogera tout au long de cette rubrique.  

« Cette facilité sinistre de mourir » 

Victor Hugo 

La dignité de la personne est au cœur de l’acte médical, et encore plus lorsqu’il s’agit de la fin de vie.  En France, rappelons que la majorité des décès survient à l’hôpital, soit six décès sur dix (Pr. G. D. Borrasio, Pr. R. Aubry, La fin de vie, 2016).  Dans ce sens, l’un des enjeux des années à venir consistera à développer les équipes mobiles de soins palliatifs pour répondre aux besoins de la population française. En effet, si les progrès de la médecine ont permis un allongement considérable de la durée de vie, il est également vrai que la médicalisation de la société a eu pour conséquence la négation de la mort dans notre société contemporaine. Le corps malade est caché. La mort est perçue comme quelque chose d’innaturel, voire d’inacceptable. La mort est considérée plus que jamais comme un échec pour une médecine de plus en plus performante et ultra-technicisée.  

Actuellement, la médecine palliative est pratiquée au sein de structures spécialisées, même si celles-ci ne peuvent recevoir la totalité des malades ayant besoin de soins palliatifs. Ces structures de médecine palliative – dont l’organisation est régie par la circulaire Morin et Aubry de 2015 – sont les suivantes :  

  • Unités de soins palliatifs (USP) : il s’agit de services spécifiques au sein des hôpitaux et ne pratiquant que la médecine palliative ; 

  • Lits identifiés de soins palliatifs (LISP); dans les établissements hospitaliers, ce sont des lits qui accueillent les malades dont l’état de santé est très dégradé et nécessitant des soins palliatifs ;  

  • Equipes mobiles de soins palliatifs (EMSP) ; intervenant à la demande de professionnels, ces équipes collaborent ponctuellement avec médecins et soignants dans les situations de fin de vie. Elles peuvent intervenir à domicile ou en structure hospitalière, EHPAD, établissement médico-social pour personne handicapée. L’une de ses missions est aussi la formation des professionnels de santé sur les questions de la fin de vie.  

  • Réseaux de santé en soins palliatifs ; ce sont des plates-formes de coordination dont la mission principale est la prise en charge à domicile de malades atteints de pathologies incurables. Elles évaluent les besoins du patient, apportent leurs conseils aux équipes médicales et gèrent la logistique inhérente à la mise en place des services de médecine palliative au domicile du patient.   

Comme le rappellent le Pr. Borrasio et le Pr. Aubry, entre 1987 et 2013, les structures dédiées à la médecine palliative ont considérablement augmenté sur l’ensemble du territoire national : le nombre de lits d’unités de soins palliatifs a été multiplié par 10, des centaines d’équipes mobiles de soins palliatifs ont vu le jour et 5400 lits de soins palliatifs ont été identifiés dans les établissements de santé. 

Bérangère Soustre de Condat-Rabourdin 

La semaine prochaine : Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades. Trente-deuxième partie 

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11 Juin 2018 - 8:48am