Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades. Trente-quatrième partie

semaine du 9 au 15 juillet 2018

La médecine palliative s’est développée au cours de ces dernières années pour soulager les souffrances des malades en fin de vie. Cette médecine présente un certain nombre de caractéristiques sur lesquelles on s’interrogera tout au long de cette rubrique.Au cœur de la médecine palliative, la question de la souffrance du malade est primordiale.

« Si vous partez rapidement d'ici-bas, vous saurez profiter, sans nul doute, des plus merveilleuses provisions de route, sans encombre, de quoi faire un excellent gîte.» 

Ménandre 

Or, la question de la souffrance du malade est d’autant plus complexe lorsqu’elle relève de l’alimentation et/ou de l’hydratation. Lorsqu’une personne en bonne santé souffre de déshydratation et de dénutrition, des mesures préventives peuvent telles envisagées telles qu’éviter l’oxygène, utiliser des glaçons ou encore humidifier la bouche à l’aide d’eauEn revanche, pour les personnes en fin de vie, la question de la déshydratation et de la dénutrition soulève d’autres problèmes. En effet, chez les personnes d’âge avancé et les malades en fin de vie, le corps dépense plus d’énergie qu’il ne peut en stocker (métabolisme catabolique) : les conséquences de ce processus sont l’amaigrissement qui s’accompagne d’une consommation très réduite d’aliments et d’eau. Chez le malade en fin de vie, plusieurs moyens permettent de prévenir et de traiter la sécheresse buccale (humidification de la bouche avec de l’eau ou l’eau pulvérisée, ou encore éviter l’oxygène etc.) La diminution de l’eau réduit la toux et empêche la formation d’oedèmes.  

Concernant l’alimentation, on distingue deux cas de figure particuliers : les personnes en état de démence et les patients en état végétatif. Dans le cas des personnes atteintes de démence, le stimulus de la faim disparaît avec le temps : le patient est donc nourri à l’aide d’une sonde (gastrostomie percutanée endoscopique) La question est plus complexe pour les patients en état végétatif persistant. Chez ces malades, l’activité cérébrale est réduite à la suite d’une lésion du cerveau ou de la diminution d’oxygène dans l’encéphale. Leur cerveau fonctionne partiellement. Tandis que les fonctions primordiales de l’organisme sont assurées (battements du cœur, respiration etc.), l’individu n’est plus conscient.  

On comprendra donc assez facilement les débats soulevés par la question de la nutrition artificielle chez les patients en état végétatif persistant. Les cas très médiatisés d’Eluana Englaro en Italie, et de Vincent Lambert en France posent la question de l’hydratation et de l’alimentation artificielles chez les malades atteints d’EVP.  Pour la France, rappelons que la loi du 2 février 2016 précise la question de la nutrition et de l’hydratation artificielles. L’article 2 rappelle que ces soins : « Lorsqu’ils apparaissent inutiles, disproportionnés ou lorsqu’ils n’ont d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, (…) peuvent être suspendus ou ne pas être entrepris, conformément à la volonté du patient et, si ce dernier est hors d’état d’exprimer sa volonté, à l’issue d’une procédure collégiale définie par voie réglementaire »  

 Bérangère Soustre de Condat-Rabourdin 

La semaine prochaine : Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades. Trente-cinquième partie 

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9 Juillet 2018 - 6:49am