Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades. Trentième partie

semaine du 4 au 11 juin 2018

La médecine palliative s’est développée au cours de ces dernières années pour soulager les souffrances des malades en fin de vie. Cette médecine présente un certain nombre de caractéristiques sur lesquelles on s’interrogera tout au long de cette rubrique.  

« Je réserve au troupeau que je dois nourrir de la parole de vie les restes d’une voix qui tombe et d’une ardeur qui s’éteint » 

Jacques-Bénigne Bossuet, Oraisons funèbres, 1680 

 « Que serait la vie s’il n’y avait pas la mort ? Qui oserait la vivre ? Car seule la peur, d’ailleurs absurde, de la mort, nous aide à prolonger la vie jusqu’aux déserts de la vieillesse » 

Maurice Maeterlinck, Avant le grand silence, 1934

Nous avons précédemment observé dans quel contexte les directives anticipées peuvent-elles être rédigées. Ce document, qui permet de faire connaître à son médecin traitant sa volonté et de la faire respecter, peut être rédigé notamment : 

  • Si l’on est en bonne santé et que l’on est susceptible de faire un infarctus du myocarde, un AVC ou encore d’avoir un traumatisme pouvant évoluer vers une incapacité à communiquer ; 

  • Si l’on est atteint d’une pathologie grave ; 

  • Si l’on est en fin de vie (âge et/ou pathologie en phase terminale). 

Les directives anticipées permettent de s’exprimer sur « la poursuite, la limitation, l’arrêt ou le refus de traitements et de gestes médicaux » (Hauté Autorité de Santé, octobre 2016) 

La loi de 2016 établit que toute personne majeure peut désigner une personne de confiance à laquelle plusieurs missions sont confiées : 

  • Si la personne est en encore capable d’exprimer sa volonté, la personne de confiance a une mission d’accompagnement : elle peut soutenir, aider dans les décisions, assister aux consultations médicales et connaître le dossier médical en présence de celui ou de celle qui l’a désignée. En aucun cas, elle ne doit divulguer les informations médicales sans son consentement.  

  • Lorsque la personne qui la désigne n’est plus capable d’exprimer sa volonté, la personne de confiance joue une mission de référent auprès de l’équipe des soignants : elle est consultée en priorité par l’équipe médicale pour toutes les questions relatives à la mise en œuvre, la continuation ou l’arrêt des traitements. Elle est donc à même de manifester les souhaits de celui ou de celle qui l’a désignée. Si les directives anticipées ont été rédigées, la personne de confiance en fera part au médecin.  

Toute personne majeure peut désigner une personne de confiance : en aucun cas, il s’agit d’une obligation. Rappelons également qu’une seule personne de confiance peut être désignée.  

Cette personne peut être choisie dans l’entourage (conjoint, enfant, parent, proche, médecin traitant).

La personne de confiance est consultée notamment en fin de vie, si des limitations ou arrêt de traitement sont envisagés par l’équipe soignante.  

 Pour en savoir plus sur les directives anticipées : https://goo.gl/DW2G9Z

Bérangère Soustre de Condat-Rabourdin

 La semaine prochaine : Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades. Trente-et-unième partie 

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4 Juin 2018 - 7:12am