Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades. Vingt-et-unième partie

semaine du 19 au 25 mars 2018

La médecine palliative s’est développée au cours de ces dernières années pour soulager les souffrances des malades en fin de vie. Cette médecine présente un certain nombre de caractéristiques sur lesquelles on s’interrogera tout au long de cette rubrique.  

 «Les mourants savent pertinemment qu'il est essentiel de se distraire. Il suffit de les observer en compagnie de leurs proches pour comprendre que ces moments de loisirs et d'amusement sont ceux qui importent le plus au terme de l'existence. Ces patients évoquent souvent les bons moments du passé : "Tu te souviens quand nous allions à la plage ?", ou bien, "Tu te souviens quand nous roulions à bicyclette à travers la campagne ?", ou encore "Tu te souviens quand nous emmenions les enfants au parc, le dimanche ?" 
On pourrait se demander pourquoi le jeu fait l'objet d'une leçon. La réponse à cette question se trouve dans les regrets formulés par les mourants qui disent souvent, en revoyant le film de leur vie : "Ah, si j'avais pu prendre la vie moins au sérieux ! »

 Elisabeth Kübler-Ross, Leçons de vie 

Dans le débat actuel sur la fin de vie en vue de la modification éventuelle de la loi Léonetti-Claeys (2 février 2016), l’obstination déraisonnable (ou acharnement thérapeutique) occupe une place importante. Il convient de rappeler que cette expression est employée pour désigner la poursuite de soins curatifs alors qu’ils n’apportent ni amélioration, ni guérison d’une personne en fin de vie.  La loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie pose les limites à la poursuite éventuelle de traitements médicaux.  

Rappelons-en les grandes lignes. 

Premièrement, cette loi donne le droit d’interrompre ou de ne pas commencer des traitements « inutiles, disproportionnés ou n’ayant d’autre effet que le maintien artificiel de la vie » (art. 1 et 9). Elle oblige à prendre en compte la volonté du malade de refuser un traitement (art., 3, 6 et 7). Celui-ci ou ses représentants doivent être informés que l’arrêt des traitements peut entraîner la mort.  L’article L 1111-4 du Code de Santé publique précise que : « Le médecin doit respecter la volonté́ de la personne après l’avoir informée des conséquences de ses choix. Si la volonté́ de la personne de refuser ou d’interrompre un traitement met sa vie en danger, le médecin doit tout mettre en œuvre pour la convaincre d’accepter les soins indispensables ».  

Les décisions prises sont consignées dans le dossier médical du patient. Remarquons par ailleurs que la loi distingue deux cas de figure : celui où malade est capable d’exprimer clairement sa volonté et celui où il est incapable de le faire (art. 5).  Lorsqu’un malade ne peut exprimer clairement sa volonté, la loi fixe l’obligation de recourir à une décision collégiale :  « La décision est prise par le médecin en charge du patient, après concertation avec l’équipe de soins si elle existe et sur l’avis motivé d’au moins un médecin, appelé en qualité de consultant. Il ne doit exister aucun lien de nature hiérarchique entre le médecin en charge du patient et le consultant. L’avis motivé d’un deuxième consultant est demandé par ces médecins si l’un d’eux l’estime utile ». 

Bérangère Soustre de Condat-Rabourdin

 La semaine prochaine : Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades.  Vingt-deuxième partie 

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12 Mars 2018 - 8:05am