Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades. Vingt-neuvième partie

semaine du 28 mai au 3 juin 2018

La médecine palliative s’est développée au cours de ces dernières années pour soulager les souffrances des malades en fin de vie. Cette médecine présente un certain nombre de caractéristiques sur lesquelles on s’interrogera tout au long de cette rubrique.

« La mort est un mot presque vide de sens pour la plupart des hommes. Ce n’est qu’instant, et en général on ne la sent pas. On souffre, on est étonné de sensations étranges… et tout à coup on ne souffre plus, l’instant est passé, on est mort » 

Stendhal

Les soins palliatifs demeurent encore mal connus pour la plupart des Français. Souvent des confusions énormes ne permettent pas à la majorité des saisir les spécificités et les enjeux de la médecine palliative. Or, certains points méritent d’être rapidement évoqués. Tout d’abord, il convient de rappeler que la communication entre le malade et son médecin demeure primordiale : les choix du patient doivent être respectés par le praticien qui doit se conformer à sa volonté.  

Dans le cas d’une maladie évolutive sans possibilité de guérison, la question de l’utilité des traitements soulève la délicate question de l’acharnement thérapeutique.  Avec l’interdiction de l’obstination déraisonnable, certains actes peuvent être interrompus, voire arrêtés à la demande du malade, par le biais des directives anticipées, ou de la procédure collégiale. Dans la liste des traitements, figurent l’hydratation et l’alimentation artificielle qui sont considérés comme des traitements à part entière. Les directives anticipées constituent un acte essentiel dans lequel toute personne exprime ses volontés sur les décisions médicales à prendre lorsque celle-ci est en fin de vie et elle est dans l’incapacité de s’exprimerCet acte, qui peut être rédigé à tous moments, par toute personne majeure quel que soit son état de santé, permet de faire connaître les volontés d’un individu à son médecin traitant.  

Ces dispositions concernent notamment le démarrage ou l’arrêt de traitements et d’actes médicaux. Les directives anticipées doivent être connues du médecin traitant, de la famille et doivent être accessibles. Il existe plusieurs façons de procéder pour faire connaître ses directives anticipées : 

  • Le « dossier médical partagé » : il s’agit d’un dossier numérisé crée avec le consentement de la personne et dans lequel peuvent figurer les directives anticipées ; 

  • La transmission du document au médecin traitant ; 

  • La transmission à la personne de confiance, à un parent ou à un proche. 

En tous cas, le médecin se renseignera si des directives anticipées ont été rédigées afin de les observer. Si la situation médicale ne correspond pas à la situation décrite dans les directives anticipées, le médecin demande l’avis d’un confrère afin que les traitements et les soins coïncident au maximum avec les souhaits du malade.  Pour en savoir plus sur les directives anticipées et les formulaires : www.sfap.org/rubrique/les-directives-anticipees.  

Bérengère Soustre de Condat-Rabourdin

La semaine prochaine : Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades.  Trentième partie 

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28 Mai 2018 - 7:04am