Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades. Vingt-septième partie

semaine du 7 au 13 mai 2018

La médecine palliative s’est développée au cours de ces dernières années pour soulager les souffrances des malades en fin de vie. Cette médecine présente un certain nombre de caractéristiques sur lesquelles on s’interrogera tout au long de cette rubrique.

« Lorsqu’il entendait dire que quelqu’un était mort promptement et sans douleur, il souhaitait pour lui et pour les siens une fin pareille, en se servant de l’expression grecque euthanasia »,  

 Suétone, Vie des douze Césars 

Le mot « euthanasie » signifie littéralement la « bonne mort ». Or, de nos jours cette expression est employée pour désigner la mort que certains choisissent à l’annonce de l’incurabilité de leur maladie. Il s’agit d’une demande qu’exprime un malade à une tierce personne – généralement un professionnel de santé – pour mettre fin à ses jours. En France, l’euthanasie qualifie « l’administration délibérée de substances létales dans l’intention de provoquer la mort, à la demande d’une personne qui désire mourir, ou sans son consentement, sur décision d’un proche ou du corps médical » (Sénat, 1999).  

D’aucuns considèrent l’arrêt de traitements et l’euthanasie comme étant la même pratique ; en réalité, la limitation ou l’arrêt d’un traitement n’est pas une euthanasie. En effet, tandis que dans le premier cas le décès intervient naturellement et dans le temps, dans l’autre, la mort est conséquente à l’administration de substances létales. Par ailleurs, l’intentionnalité n’est pas la même ; en cas d’arrêt de traitements, la mort intervient selon un processus physiologique naturel, tandis que lors d’une euthanasie, celle-ci est provoquée volontairement. En France, l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) réclame le droit pour tous les patients atteints d’une maladie incurable de pouvoir choisir sa mort : l’ingestion de médicaments donnés par un tiers. Rappelons qu’en France, la pratique de l’euthanasie est rigoureusement interdite.  

La loi du 4 mars 2002 sur les droits des malades, celle du 22 avril 2005 sur les droits des malades et de la fin de vie, ainsi que la loi du 2 février 2016 qui créent de nouveaux droits pour les malades en fin de vie permettent au patient de refuser un traitement et d’avoir recours à une sédation profonde et continue jusqu’au décès. Mais qu’est-ce qu’une sédation ? En médecine palliative, la sédation consiste principalement en l’administration d’un médicament anxiolytique (midazolampour diminuer l’état de conscience chez un malade et lui permettre de supporter un état douloureux associé à de l’anxiété Il s’agit donc d’administrer le médicament de manière progressive (« méthode de titration ») et selon une échelle qui permet de déterminer le bon dosage pour soulager l’état algique et inconfortable du malade. 

Bérangère Soustre de Condat-Rabourdin   

La semaine prochaine : Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades.  Vingt-huitième partie 

    

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7 Mai 2018 - 8:10am