Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades. Vingt-sixième partie

semaine du 30 avril au 6 mai 2018

La médecine palliative s’est développée au cours de ces dernières années pour soulager les souffrances des malades en fin de vie. Cette médecine présente un certain nombre de caractéristiques sur lesquelles on s’interrogera tout au long de cette rubrique.  

« Ne méprise pas la mort, mais sois content d’elle, puisqu’elle est une des choses que veut la nature. […] Il est d’un homme réfléchi de ne pas s’emporter violemment contre la mort ni de la dédaigner, mais de l’attendre comme un événement. » 

Marc-Aurèle,Pensées, IX, 3 

 

Dans le débat actuel sur la bioéthique, il convient de distinguer toute une série de termes souvent relayés par les médias, mais pas forcément compris en considération de leurs principes intrinsèques. La Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) rappelle que la sédation - en médecine palliative -,   définit « la recherche, par des moyens médicamenteux, d’une diminution de la vigilance pouvant aller jusqu’à la perte de conscience ».  

Son but est de diminuer ou de faire disparaître la perception d’une situation vécue comme insupportable par le patient, alors que tous les autres moyens disponibles et adaptés à cette situation ont pu lui être proposés et/ou mis en œuvre sans permettre le soulagement escompté ». Selon les cas, cette sédation peut être intermittente, transitoire ou continue.  La sédation est adaptée à chaque patient. Aussi, elle adaptée à l’intensité plus ou moins importante de manifestations douloureuses chez la personne malade. Concernant la sédation profonde et continue jusqu’au décès, elle ne peut être appliquée que dans le cadre de la loi (Loi du 2 février 2016. La Haute Autorité de Santé retient six critères différenciant la sédation profonde et continue de l’euthanasie, soit :  

  • L’intention ; 

  • Le moyen ;  

  • La procédure ; 

  • Le résultat ; 

  • La temporalité 

  • Le cadre législatif 

Concernant l’euthanasie, elle répond principalement à la demande de mort exprimée par le malade. Pour ce faire le médecin pratiquant l’euthanasie recourt à un médicament à dose létale qui va entraîner la mort immédiate du malade. La mort est rapide. Concernant la législation, rappelons qu’en France, l’euthanasie est illégale. La sédation profonde et continue est employée pour soulager une souffrance réfractaire. Son but est d’altérer profondément la conscience du malade par le recours à un médicament sédatif. La survenue du décès survient dans un délai qui ne peut être prévu car la mort est naturelle et non intentionnelle.  

Le cadre législatif autorise la sédation profonde et continue jusqu’au décès. Au vu de la loi du 2 février 2016, un malade peut demander la sédation profonde et continue dans deux cas particuliers : en présence de douleurs réfractaires aux traitements lorsqu’il est atteint d’une maladie incurable et avec un pronostic vital engagé et, lorsqu’atteint d’une maladie incurable, il décide de mettre fin à son traitement.  

Bérangère Soustre de Condat-Rabourdin   

La semaine prochaine : Accompagner la vieMédecine palliative et droits des malades.  Vingt-septième partie 

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27 Avril 2018 - 7:46pm