Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades. Vingtième partie

semaine du 5 au 11 mars 2018

La médecine palliative s’est développée au cours de ces dernières années pour soulager les souffrances des malades en fin de vie. Cette médecine présente un certain nombre de caractéristiques sur lesquelles on s’interrogera tout au long de cette rubrique.

« Nous sommes tous confrontés à la perspective de la mort, mais pour les mourants, elle est une réalité presque tangible. Face à celle-ci, ils prennent davantage de risques, parce qu'ils n'ont plus rien à perdre. Ils disent qu'ils éprouvent un bonheur indicible quand ils comprennent qu'il n'y a rien à craindre. C'est la peur elle-même qui nous rend si malheureux, et non ce que nous redoutons. Elle se cache sous de nombreux déguisements-colère, protection, réclusion. Nous devons peu à peu transformer cette angoisse en sagesse, en accomplissant de petites choses qui la provoquent habituellement. Votre peur a d'autant plus de pouvoir sur vous que vous ne faites rien pour la surmonter. Apprenez à utiliser le pouvoir de l'amour et de la bonté pour la vaincre » 

Elisabeth Kübler-Ross, Leçons de vie 

Actuellement, se tiennent les états généraux de la bioéthique où la question de la fin de vie occupe une place prépondérante. Il est question – notamment- de la révision de la loi Léonetti-Claeys. Concrètement, les partisans de l’euthanasie active demandent l’application de l’aide active à mourir. Cette question apparaît particulièrement épineuse, d’autant plus que certains pays qui ont adopté l’euthanasie (tels que la Suisse et la Belgique), ne sont pas épargnés par les morts de patients dont l’état ne nécessitait pas forcément le suicide provoqué.   

Or, le mot sédation n’est pas toujours compris. Souvent d’aucuns confondent l’euthanasie active et la sédation profonde. Il convient donc d’apporter quelques éclairages sur le sens de ce terme pour mieux saisir les nuances des débats actuels. Tout d’abord, rappelons qu’en médecine, le terme « sédation » renvoie à des pratiques très différentes : provoquer le sommeil, calmer la douleur ou encore apaiser les états anxieux. Aussi, la sédation est une pratique médicale qui permet au malade de dormir pour diminuer sa perception lors de certains épisodes particulièrement douloureux sur le plan psychique. 

Si beaucoup confondent euthanasie et sédation profonde, il faut insister sur la grande différence qui oppose ces deux pratiques. Tandis que la sédation sert principalement à diminuer la vigilance du malade lors d’un épisode douloureux, l’euthanasie est appliquée avec l’intention volontaire – faisant suite à la demande explicitement formulée par le malade -  de donner la mort moyennant des surdosages médicamenteux. 

Le recours à la sédation profonde est autorisé par la loi sur la fin de vie pourvu que le malade en ait préalablement formulé la demande. Rappelons, par ailleurs, que la sédation profonde est appliquée après décision collégiale : « Toute personne en état d’exprimer sa volonté et atteinte en phase terminale d’une affection grave et incurable, dont les traitements et les soins palliatifs ne suffisent plus à soulager la douleur physique ou la souffrance psychique, est en droit de demander à son médecin traitant l’administration d’un traitement à visée sédative, y compris si ce traitement peut avoir pour effet secondaire d’abréger la vie selon les règles définies à l’article L. 110-5. La mise en œuvre du traitement sédatif est décidée de manière collégiale. » (Proposition de loi du 27 avril 2013)

Bérangère Soustre de Condat-Rabourdin

 La semaine prochaine : Accompagner la vie. Médecine palliative et droits des malades.  Vingt-et-unième partie 

 

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5 Mars 2018 - 7:46am