Des centres pour trier les migrants

semaine du 5 octobre au 11 octobre 2015

La crise migratoire a quitté la « une » de l’actualité la semaine dernière. Pourtant le flot des réfugiés et migrants qui cherchent par tous les moyens à gagner le Vieux Continent ne s’est pas tari. Face au drame vécu par des centaines de milliers de personnes, venues de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan ou d’ailleurs (encore 17 morts dimanche 27 septembre dans le naufrage d'une embarcation), l’Union européenne a été contrainte de prendre des mesures pour soulager les réfugiés et soutenir les pays traversés par les migrants. Les ministres de l’intérieur de l’Union – sauf la Hongrie, la Roumanie, la Slovaquies, la Tchéquie - ont accepté de répartir 120 000 réfugiés entre les différents Etats. Les 28 chefs d’Etats et de gouvernements de l’U.E. ont décidé de créer des centres de transit baptisés « hots spots » dans les pays d’entrée de l’Union comme l’Italie ou la Grèce.

515 000 migrants ont rejoint l'Europe depuis janvier

Selon le Haut-Commissariat de l'Onu pour les réfugiés (HCR), 515 000 migrants ont rejoint l'Europe en tranversant la Méditerranée depuis le premier janvier 2015. La majorité d'entre eux, soit 383 000 personnes, ont atteint les côtes de la Grèce et 129 000 celles de l'Italie. Selon un décompte de l'organisation internationale, 54 % sont des réfugiés syriens qui se sont enfuis pour échapper à la guerre civile et aux exactions de Daeh. 13 % viennent d'Afghanistan où la pression des talibans sur le gouvernement s'est accru ces derniers mois, comme le montre la prise de la ville de  le 28 septembre. la traversée de la Méditerranée reste périlleuse. malgré l'opération européenne Frontex qui a permis de sauver des dizaines de milliers de naufragés, 2 980 migrants et réfugiés sont morts noyés depuis le début de l'année. Le record de 3 500 morts et disparus en 2014 risque d'être dépassé.

Répartition de 120 000 réfugiés

Le 22 septembre, les ministres de l’intérieur de l’Union ont dû recourir à un vote à la majorité qualifiée - et non plus à l’unanimité selon la tradition - pour répartir entre les différents pays de l’U.E 120 000 réfugiés déjà arrivés en Europe. L’accord prévoit la relocalisation de 66 000 personnes déjà installées en Italie et en Grèce puis dans un deuxième temps l’accueil de 54 000 autres réfugiés. La France s’est engagée à en accueillir 24 000 en plus des 9 000 hébergés cet été. Quatre pays se sont opposés à l’accord dont la Hongrie qui a érigé une barrière de barbelés le long de ses frontières avec la Serbie et la Croatie.

Le droit d’asile

Le 23 septembre à Bruxelles, les chefs d’Etats et de gouvernement de l’Union européenne ont rappelé que les personnes persécutées avaient le droit de demander l’asile. Une manière de répondre à la Commission européenne qui avait quelques jours plus tôt lancé des procédures d’infraction contre 19 pays européens (Autriche, Allemagne, Belgique, Bulgarie, Chypre, République Tchèque, Estonie, Grèce, Espagne, France, Hongrie, Lituanie, Luxembourg, Lettonie, Malte, Pologne, Roumanie, Suède, Slovénie) convaincus de ne pas respecter ce droit reconnu par les traités internationaux.

Le président du Conseil européen le polonais Donald Tusk a indiqué en ouvrant la réunion que l’on évaluait à 8 millions le nombre « de Syriens déplacés dans leur pays et 4 millions dans les pays voisins » comme la Jordanie, le Liban, la Turquie. Il ajouta : « Cela fait des millions de réfugiés potentiels susceptibles de gagner l’Europe, sans parler de l’Erythrée, de l’Afghanistan ». Pour éviter un afflux de réfugiés sur leur sol, les Européens ont décidé de les « fixer » près de leur pays d’origine. Ils ont annoncé le déblocage « d’au moins un milliard d’euros » pour aider les pays d’accueil à faire face aux dépenses occasionnées par la crise migratoire.

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Création de « hot spots »

 Les dirigeants ont également annoncé la création de centres de rétention - baptisés « hot spots » par les bureaucrates bruxellois familiarisés avec la langue de bois - dans les pays d’entrée de l’Union européennes. Ces structures hébergeront des « équipes de soutien à la gestion de la migration », selon l’expression alambiquée de la Commission de Bruxelles. Chacun sait qu’il s’agit de camps dans lesquels seront retenus les migrants en attendant l’étude de leur situation administrative. Les fonctionnaires européens feront le tri entre les demandeurs d’asile et les migrants économiques, seuls les premiers ayant vocation à demeurer en Europe, les autres devant retourner dans leur pays d’origine. L’Italie - où ils existent déjà - et la Grèce se sont engagées à faire fonctionner ces camps dès le mois de novembre. La Bulgarie a fait savoir qu’elle était disposée à héberger un tel « spot ». la Hongrie s’y refuse considérant qu’elle n’est pas un pays frontalier de l’Union.

Dessin : Denis Pessin

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27 Septembre 2015 - 8:07am

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