Retrouvez notre série sur La mort et ses lieux

semaine du 18 au 24 décembre 2017

Dernier domicile où l’on dort pour un sommeil éternel et lieu où s’assemblent les vivants pour honorer les morts, le cimetière a évolué au fil des siècles.

La mort et ses lieux. L’esthétique des cimetières en Europe (1700-1800)

Le cimetière (du mot latin coemeterium, issu du grec ancien koimêtêrion (« lieu pour dormir, dortoir »), désigne le lieu où sont inhumés les morts et où l’on évoque leur souvenir à travers des rites et des pratiques qui ont évolué au fil des siècles. Classiquement, le 18e siècle marque une rupture dans l’histoire de la relation entre les vivants et les morts, résultat d’une évolution progressive qui – en vertu des inquiétudes sanitaires qui balayent toute cette époque – aboutit au déplacement des cimetières à l’extérieur de l’enceinte urbaine, consommant ainsi la séparation entre morts et vivants.

La mort et ses lieux. L’esthétique des cimetières en Europe (1700-1800) : deuxième partie

Le décret prairial an XII (12 juin 1804) marque incontestablement une rupture dans le rapport de la culture occidentale à la Mort et aux morts. Celui-ci inaugure aussi ce que l’historien Emmanuel Fureix désigne de « révolution funéraire », c’est-à-dire un changement radical qui touche à la fois les lieux de la mort – les cimetières – et les pratiques funéraires qui se mettent en place à cette époque. Tout d’abord, le cimetière est rejeté à l’extérieur de l’enceinte urbaine, ce qui va engendrer un déplacement des rites de mort à l’orée des villes et des villages.

La mort et ses lieux. L’esthétique des cimetières en Europe (1700-1800) : troisième partie

Le développement des grands cimetières parisiens au début du 19e siècle (Père-Lachaise, Montparnasse et Montmartre) n’entraîne pas la disparition immédiate des anciens cimetières de la capitale, en particulier de ceux réservés aux suicidés, condamnés à mort et autres indigents. Aussi, trois anciens cimetières continuent-ils d’être utilisés et ce en dépit du Décret Prairial an XII et de ces mesures draconiennes d’hygiène publique. 

La mort et ses lieux. L’esthétique des cimetières en Europe (1700-1800) : quatrième partie

Le Père-Lachaise et les grands cimetières parisiens inaugurent une esthétique nouvelle fondée dans laquelle les monuments funéraires sont intégrés à un espace verdoyant, havre de paix et de réconfort. L’historien Emmanuel Fureix rappelle notamment comment les monuments funéraires tendent à augmenter sensiblement dans les années 1815-1830. Celui-ci souligne également le passage de la sépulture individuelle en pleine terre au caveau familial ou à la chapelle, avec une place prépondérante accordée au monument pour célébrer la mémoire du défunt. 

La mort et ses lieux. L’esthétique des cimetières en Europe (1700-1800) : cinquième partie

L’organisation des cimetières à l’intérieur de grands espaces verts, lieu d’aménité au cœur d’un Paris alors en pleine modernisation, dans lesquels les monuments funéraires s’organisent autour d’allées verdoyantes, est aussi à l’origine de nouvelles formes de ritualisation sociale. C’est le cas – notamment – de la promenade funéraire, moment privilégié pendant lequel, amateurs, curieux et familles endeuillées sillonnent les grands cimetières urbains. Comme le souligne Emmanuel Fureix, la nouveauté de ce moment privilégié de la vie parisienne correspond à une nouvelle sensibilité à la mort qui s’exprime, à la fois, par la célébration de la mémoire d’une famille et par celle de la collectivité.

La mort et ses lieux. L’esthétique des cimetières en Europe (1700-1800) : sixième partie

Comme nous l’avons précédemment observé, le décret Prairial de l’an XII (1804) constitue une rupture sur le plan historique en raison des nouveautés qu’il induit dans l’urbanisme des grandes capitales européennes avec l’aménagement d’immenses espaces funéraires au sein des villes. Aussi la création du cimetière du Père-Lachaise correspond-il à l’avènement des grands cimetières européens dont les cimetières parisiens, mais aussi ceux de Vienne, Londres, ou encore Rome (1812), Gênes (1851) et Milan (1876).

La mort et ses lieux. L’esthétique des cimetières en Europe (1700-1800) : septième partie

Le décret du 23 Prairial an XII (12 juin 1804) est le fondement de la législation funéraire de notre pays. L’une de ses préoccupations majeures était de répondre – par le truchement d’un cadre juridique stricte – aux exigences de l’hygiénisme triomphant de la fin du 18e siècle. La « révolution funéraire » qu’inaugure ce texte majeur de la législation funéraire de notre pays est symbolisée par la création de grands cimetières urbains dont le Père-Lachaise constitue le modèle esthétique.

La mort et ses lieux. L’esthétique des cimetières en Europe (1700-1800) : huitième partie

L’évolution qui s’amorce dès les débuts du 19e siècle à Paris, s’étend progressivement à l’ensemble des grandes capitales européennes. Les grandes lignes d’organisation des espaces funéraires y sont à peu près identiques, même s’il existe quelques particularismes régionaux étroitement liés d’une part au gout esthétique, d’autre part à des aspects davantage techniques : choix des matériaux pour la réalisation des monuments funéraires, secteurs liés aux activités funéraires, etc.

La mort et ses lieux. L’esthétique des cimetières en Europe (1700-1800) : neuvième partie

Comme on l’a précédemment observé, les innovations en matière d’hygiène et d’urbanisme introduites à Paris avec la création des cimetières monumentaux se sont élargies progressivement à l’ensemble des nations européennes. Or, lois et décrets ne concernent qu’une part importante de ce vaste mouvement qui fut à la fois juridique et esthétique.

La mort et ses lieux. L’esthétique des cimetières en Europe (1700-1800) : dixième partie

Comme on l’a observé précédemment, l’Italie connaît les mêmes évolutions funéraires que les autres nations européennes. Les préoccupations hygiénistes dominent et chaque ville développe ses propres cimetières monumentaux, destinés à recevoir les dépouilles, mais aussi à entretenir le souvenir des disparus. 

La mort et ses lieux. L’esthétique des cimetières en Europe (1700-1800) : onzième partie

La révolution funéraire introduite par la législation impériale est loin d’avoir concerné seulement les grandes villes et les capitales européennes. Villages et bourgs sont également concernés par ce vaste mouvement - à la fois – sociétal et esthétique. 

La mort et ses lieux. L’esthétique des cimetières en Europe (1700-1800) : douzième partie

Lieu de repos éternel, mais aussi de rencontre permanente entre les morts et les vivants, le cimetière est aussi -  voire surtout – un lieu de vie. Tout d’abord parce qu’on y célèbre les solidarités villageoises au travers de rites et de croyances qui assurent la cohésion sociale et l’appartenance au groupe. 

La mort et ses lieux. L’esthétique des cimetières en Europe (1700-1800) : treizième partie

De tous temps, la mort de l’enfant a constitué un tabou que les sociétés humaines ont essayé – plus ou moins vainement – d’exorciser à l’aide de rituels destinés à éloigner cet événement tant redouté par chaque famille. Malheureusement, lorsque la mort arrachait le jeune enfant à ses proches, il fallait organiser ses funérailles et entamer le travail de deuil.

 

 

 

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12 Mars 2017 - 3:32pm