« La Marseillaise », hymne national

Ça s'est passé un 

14 Février 1879

Le Chant de guerre pour l’armée du Rhin composé à Strasbourg en avril 1792 par l’officier français Rouget de Lisle à la suite de la déclaration de guerre de la France à l’Autriche. Les partitions furent envoyées dans toutes les grandes villes de France. Marseille reçut le sien en juin. Les premiers engagements aux frontières tournèrent à l’avantage des Autrichiens. Face au péril extérieur, l’Assemblée nationale proclama la patrie en danger et, malgré le véto du roi, décida la création d’un camp de 20 000 hommes à Paris pour protéger la capitale. Une immense ferveur patriotique s’empara du pays. Des fédérés venus de toutes les provinces de France affluèrent vers Paris. Les Marseillais au nombre d’un bon millier se mirent en route à la fin du mois de juillet. Pour se donner du courage et mobiliser le peuple, ils entonnaient Le chant de guerre pour l’armée du Rhin quand ils traversaient les villes et les villages. Bientôt, les populations visitées par les tonitruants méridionaux rebaptisèrent l’hymne de Rouget de Lisle La marche des Marseillais, puis plus simplement La Marseillaise. Le chant de l’armée du Rhin devint le chant de guerre du peuple révolutionnaire après la prise du palais des Tuileries le 10 août 1792 et la chute de la monarchie. Le 14 juillet 1795 (26 messidor an III), sur proposition du Comité de salut public, la Convention nationale décréta que La Marseillaise était désormais l’hymne national de la République française que l’on chantera lors des grandes cérémonies officielles.

Elle le resta jusqu’en 1804, date à laquelle l’empereur Napoléon 1er l’interdit. Jugeant qu’elle incarnait trop le Directoire et la période historique précédente, il la remplaça par Le Chant du départ composé en 1794 par Etienne Nicolas Méhul et écrite par Marie-Joseph Chénier. Baptisé à l’origine Hymne à la liberté, Robespierre lui préféra alors le nom de Chant du départ. Sous la Restauration, les rois interdirent les chants révolutionnaires et remirent au goût du jour un ancien air populaire écrit au XVIème siècle en l’honneur d’Henri IV et intitulé Vive Henri IV ! On l’interprétait lors des cérémonies officielles. Il devint l’hymne officieux de la monarchie française. En 1871, les communards parisiens créèrent La Marseillaise de la Commune. Ils gardèrent la musique mais changèrent le texte.

 Sous la Troisième République, La Marseillaise sentait trop le soufre du brasier révolutionnaire. Les parlementaires républicains de l’époque qui avaient peu agi pour aider la Commune de Paris refusaient de réhabiliter l’hymne de la Première République. Ils commandèrent au compositeur Charles Gounod et à l’écrivain Paul Déroulède un nouveau chant, plus en adéquation avec les valeurs bourgeoises de l’époque. Les manœuvres des députés royalistes pour restaurer la monarchie en France raidirent les républicains qui soudain trouvèrent des vertus émancipatrices à La Marseillaise. Elle redevint officiellement l’hymne de la France après le vote de la loi du 14 février 1879. L’article 2 de la Constitution de la Cinquième République a inscrit dans le marbre ce fait : « La langue de la République est le français. L'emblème national est le drapeau tricolore, bleu, blanc, rouge. L'hymne national est « La Marseillaise ». La devise de la République est Liberté, Egalité, Fraternité. Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. »

J.-P.G.

Demain : Le naufrage de la « Sémillante »

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16 Décembre 2017 - 5:35pm

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