Alexis Tsipras premier ministre de Grèce

Ça s'est passé un 

26 Janvier 2015

Cofondateur et principal dirigeant de Syriza, une coalition de la gauche radicale regroupant treize mouvements et partis d’extrême-gauche, Alexis Tsipras contestait la politique d’austérité imposé par l’Union européenne à la Grèce au prix de graves reculs sociaux et de lourds sacrifices pour la population (licenciements des fonctionnaires, baisse des retraites et des salaires, vente des entreprise de l’Etat). Le pays était incapable d’honorer le remboursement de la dette colossale accumulée depuis des décennies et alourdie par des intérêts hors de contrôle. Le nouveau parti d’extrême-gauche s’opposait également à la politique des partis traditionnels grecs – le parti socialiste et les conservateurs de la Nouvelle démocratie – qui acceptaient la cure d’austérité voulue par la Commission de Bruxelles. La crise économique provoqua une crise politique. Des élections législatives anticipées furent convoquées pour le 17 juin 2012. La Nouvelle Démocratie (droite) remporta 29,66% des suffrages et 129 sièges. Syriza arriva en deuxième position avec 26,89% des voix et 71 députés, loin devant le parti socialiste (Pasok) 12,28% des suffrages et 38 députés. Finalement les conservateurs et les socialistes formèrent un gouvernement dirigé par le conservateur Antonis Samaras. En décembre 2014, les 300 députés échouèrent à trois reprises à trouver une majorité pour élire un nouveau président de la République. Aucun des candidats en présence ne put obtenir le soutien d’au moins 200 parlementaires, le nombre nécessaire pour être élu.

Le premier ministre Antonis Samaras décida alors de dissoudre le parlement avec l’espoir de trouver une majorité capable d’élire le président. Les élections législatives anticipées furent fixées au 25 janvier 2015. Le peuple qui avait subi de plein fouet le plan d’austérité européen, infligea un sévère camouflet aux partis de gouvernement. Syriza remporta une victoire historique avec 36,34 % des suffrages et 149 députés. Nouvelle Démocratie était largement battue avec 27,81% des suffrages et 76 députés. Un parti néo-nazi Aube dorée s’empara de la troisième place avec 6,28% des suffrages et 17 députés. Le parti socialiste se classa bon dernier avec 4,68% des voix et 13 députés. Il manquait un siège à Syriza pour remporter la majorité absolue de 150 sièges. Le ralliement d’un petit parti souverainiste de droite, les Grecs indépendants, lui permit de gouverner.

 Le 26 janvier 2015 Alexis Tsipras fut nommé premier ministre. Il prêta serment devant le président de la République Karolos Papoulias. Mais contrairement à la tradition, il refusa de jurer fidélité à la Constitution dans le cadre d’une cérémonie religieuse orthodoxe. A peine installé, la crise se rappela à lui. Les créanciers de la Grèce (Europe, banques, FMI) lui imposèrent un plan drastique en échange d’un soutien financier. Le nouveau premier ministre contesta les nouvelles mesures d’austérité qu’on voulait imposer à son peuple. Il demanda aux citoyens grecs de donner leur avis par voie référendaire. Il appela à voter « non » aux demandes des créanciers. Le 5 juillet 2015, son appel fut suivi par 60 % des électeurs grecs. Les négociations reprirent. La Grèce était comme étouffée. Si elle acceptait de nouveaux sacrifices, la communauté internationale s’engageait à   aider le pays à payer ses dettes ; si elle refusait de signer l’accord la Grèce serait abandonnée à son triste sort, tomberait en faillite et sortirait de la zone euro. Le 13 juillet, Alexis Tsipras s’inclina. Il annonça qu’il « assume la responsabilité d'un texte auquel [il] ne croi[t] pas, mais [il] le signe pour éviter tout désastre au pays »

 Violemment critiqué par une partie des dirigeants de son pays et notamment par son ministre des finances qui l’accusa d’avoir trahi ses engagements pris devant le peuple, Alexis Tsipras mis son mandat en jeu en septembre. Contre toute attente, Syriza remporta les élections législatives du 20 septembre 2015 avec 35,46 % des voix et 145 députés, devant Nouvelle Démocratie (28,10 % et 75 députés), Aube dorée (6,99 % et 18 députés), le PS (6,28 % et 17 députés). Alexis Tsipras fut de nouveau nommé premier ministre.

J.-P.G.

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9 Décembre 2017 - 6:17pm