Charles de Gaulle crée son parti

Ça s'est passé un 

14 Avril 1947

C’est par un simple communiqué que le général Charles de Gaulle annonça « aujourd’hui est créé le Rassemblement du peuple français. J’en prends la direction. Il a pour but de promouvoir et de faire triompher par-dessus nos divisions l’union de notre peuple dans l’effort de rénovation et la réforme de l’Etat ». Le chef de la France libre avait démissionné le 20 janvier 1946 de son poste de président du gouvernement provisoire de la République pour protester contre le retour « du régime exclusif des partis ». Et voilà qu’il décidait d’en fonder un, quinze mois plus tard, et de plonger dans les grenouillages de la vie politique. L’homme providentiel consentit à descendre de l’Olympe où l’avait installé son appel du 18 juin. Il choisissait la voie électorale pour conquérir le pouvoir. Comme n’importe quel politicien, il allait devoir rédiger un programme, le confronter à ceux de ses concurrents et attendre le verdict des urnes. La décision n’avait pas été facile à prendre. Mais il avait dû se rendre à l’évidence. Aucune force politique ne souhaitait son retour au pouvoir. Le Mouvement des républicains sociaux (MRP) dont il était proche l’avait abandonné. S’il voulait sortir de son isolement il fallait mobiliser « les gaullistes », les organiser et s’adresser directement aux Français. Les mois qui suivirent la création du RPF semblèrent confirmer la naissance d’un engouement populaire en sa faveur. Les meetings regroupaient des foules importantes à Bordeaux, à Lille, à Rennes. 

 En octobre 1947, le RPF sortit victorieux des élections municipales. Le RPF devenait le premier parti de France avec 38,7 % des voix contre 28,9% pour les communistes, 13,4 % pour les socialistes et 9 % pour le MRP. Mais le général savait que ce score aussi élevé était-il ne lui permettrait pas d’obtenir la majorité aux élections législatives qui étaient organisées selon le mode proportionnel. Il demanda l’instauration du scrutin majoritaire. Les socialistes virent le danger. Pour s’opposer aux gaullistes et aux communistes, ils s’allièrent aux radicaux et au MRP dans le cadre de « la troisième force ». Ils inventèrent un mode de scrutin dit des « apparentements » qui eut pour effet d’affaiblir les scores du PC et du RPF. Aux législatives de 1951, les gaullistes remportèrent seulement 119 sièges contre 103 aux communistes et 283 pour la troisième force qui garda le pouvoir. Les années suivantes, la plupart des cadres et élus du RPF succombèrent aux « délices et poisons du système ». En 1953, le RPF cessait d’exister. De Gaulle, seul et abandonné, poursuivait sa « traversée du désert ».

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11 Mars 2016 - 6:14pm

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