Défaite de Napoléon 1er à Waterloo

Ça s'est passé un 

18 Juin 1815

Vaincu en France par les armées alliées (Autriche, Prusse, Angleterre, Suède, Russie), Napoléon 1er abdiqua le 3 avril 1814. Le 11 avril, il accepta de signer le traité de Fontainebleau, avec les puissances victorieuses. Napoléon 1er renonçait pour lui-même, ses descendants et sa famille à tout droit sur l’Empire et le royaume d’Italie. Ses vainqueurs l’autorisaient à garder son titre mais l’exilaient sur l’île d’Elbe dont il devenait officiellement le souverain. Napoléon s’installa à la Palazzina dei mulini (petit palais des moulins). Accompagné par une cinquantaine de collaborateurs, il fut empli de joie quand 800 grognards de la vieille garde, conduits par le général Cambronne, vinrent s’établir dans l’île. Mais, bien vite il déchanta. Le nouveau roi des Français Louis XVIII refusa de lui verser la rente promise par le traité de Fontainebleau. Il lui faudrait alors licencier sa troupe. Qui le protègerait contre les poignards de ses ennemis que l’on disait nombreux et prêts à frapper ? Quand, l’empereur apprit que le nouveau régime installé en France était devenu impopulaire et suscitait de nombreuses oppositions, il jugea qu’une restauration impériale était souhaitée par de nombreuses franges de la population. Il s’y prépara activement. Le 26 février 1815, il s’embarqua sur le brick l’Inconstant et débarqua à Golfe-Juan le 1er mars. Il rendit publique une proclamation adressée à ses fidèles : « Soldats… foulez aux pieds la cocarde blanche, elle est le signe de la honte. Venez-vous ranger sous les drapeaux de votre chef. La victoire marchera au pas de charge. L’aigle, avec les couleurs nationales, volera de clocher en clocher jusqu’aux tours de Notre-Dame. » Les Cent-Jours commençaient.

Le 20 mars, Napoléon arriva à Fontainebleau, là où moins de un an plus tôt il avait signé son abdication. Les troupes chargées de l’arrêter passèrent au contraire à son service. L’empereur modifia la constitution de l’Empire dans un sens libéral. On demanda au peuple de valider la nouvelle Constitution par un plébiscite. Sur les 5 millions d’électeurs inscrits, 1, 5 million l’approuvèrent contre 4802. La majorité des Français - surtout dans le Midi en dans l’ouest où la guerre reprit en Vendée – s’était abstenue. Un désintérêt inquiétant.

Les puissances européennes réunies en Congrès à Vienne réagirent promptement. Ils mirent en place une nouvelle coalition militaire – la septième - pour arrêter le Corse. De puissantes armées britanniques et prussiennes prirent position en Belgique. Avant de passer à l’action, elles attendaient l’arrivée des forces autrichiennes et russes. En face, Napoléon massa 125 000 soldats. Le 15 juin, il engagea les hostilités avant l’arrivée des renforts alliés. Il bouscula l’avant-garde prussienne qui se débanda. Le 16 juin, il battit de nouveau les Prussiens commandés par Blücher à Ligny. Le lendemain, il ordonna au général de Grouchy et à ses 33 000 hommes de poursuivre les Prussiens vaincus mais non anéantis. Dans le même temps, il attaqua les Anglais de Wellington qui sous la pression française se retrancha sur le plateau du Mont-Saint-Jean, au sud de Bruxelles, tout près du village de Waterloo. L’empereur était confiant. Il déclara à son entourage : « Si l’on obéit à mes ordres, demain nous coucherons à Bruxelles ». Le 18 juin, la bataille décisive se déroula sous la pluie. Le sol détrempé retarda et compliqua l’offensive française contre les armées alliées, solidement retranchées sur le plateau. Plusieurs charges de cavalerie notamment celles conduites par le maréchal Ney échouèrent. Les Anglais écrasèrent sous un déluge de feu les vagues d’assaut françaises. L’empereur attendait le renfort de l’armée de Grouchy parti le 17 juin à la poursuite des Prussiens pour changer à son profit le rapport des forces. Ce fut au contraire l’armée prussienne de Blücher qui fit sa jonction avec Wellington. Les Anglais et les Prussiens dévalèrent les pentes et sabrèrent les fantassins français qui se débandèrent. A 21 heures, la bataille était perdue pour la France.

 Rentré à Paris, Napoléon abdiqua pour la seconde fois le 22 juin, avant d’être déporté par ses vainqueurs le 15 juillet sur l’île britannique de Sainte-Hélène. Après une traversée de 75 jours, le navire de Napoléon accosta sur l’île tropicale située au milieu de l’Atlantique sud, à 1900 km à l’ouest de l’Afrique. Il vécut là, sous la surveillance tatillonne de son geôlier, le gouverneur Hudson Lowe. En 1819, une petite communauté de Corses vint rompre la monotonie de sa vie de reclus. Atteint sans doute d’un cancer de l’estomac, il mourut en 1821, à l’âge de 51 ans et fut inhumé sur place. En 1840, les cendres de Napoléon retournèrent en France et reposèrent dans un sarcophage installé sous le dôme des Invalides où on peut le voir.

J.-P.G.

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25 Mai 2017 - 8:47am

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