Historique Accord de Paris sur le climat

Ça s'est passé un 

12 Décembre 2015

Deux ans après sa signature en grandes pompes à Paris, que reste-t-il de la Convention cadre des nations unies sur les changements climatiques ratifiée par 196 pays ? Après de longs mois de négociation, les représentants de 195 nations se donnèrent rendez-vous au Bourget où l’on aménagea pour la circonstance de vastes locaux. Au terme de quinze jours d’âpres négociations, les délégués adoptèrent un accord universel et contraignant visant à contenir le réchauffement climatique. Puissance invitante, la France joua un rôle majeur pour parvenir à un texte de compromis acceptable par toutes les parties aux intérêts contradictoires, voire antagonistes. Lors de la séance plénière, le 12 décembre 2015, le président de la Conférence de Paris, Laurent Fabius, par ailleurs ministre des affaires étrangères, annonça la signature de deux textes. Le premier document de 17 pages contenait l’accord de Paris, juridiquement contraignant, le second composé de 22 feuillets précisait son contenu et avait seulement valeur indicative. Qualifié d’historique par ses signataires et par la presse, l’accord de Paris était ambitieux. Les pays s’engageaient à « maintenir la hausse de la température moyenne globale bien en deçà de 2 degrés par rapport au niveau de l'ère préindustrielle » et de « poursuivre les efforts pour limiter la hausse de température à 1,5 degré […] Cet accord sera mis en œuvre pour refléter l'équité et le principe de responsabilités communes mais différenciées à la lumière des circonstances nationales différentes. »

Les nations s’engageaient à « d'atteindre un pic d'émissions de gaz à effet de serre aussi rapidement que possible, reconnaissant que ce pic mettra plus de temps à être atteint pour les pays en développement.[…] Ils devront ensuite réduire leurs émissions en fonction de l'évolution des connaissances scientifiques. De sorte d'atteindre l'équilibre entre les masses de gaz à effet de serre (GES) émises par les activités humaines et les masses stockées par les puits de carbone (forêts, océans) dans la deuxième moitié du siècle. Chaque pays devra fournir tous les cinq ans des informations sur son plan de contribution nationale de réduction de ses émissions de GES. » Selon ses capacités et ses moyens, chaque pays doit « régulièrement » fournir un inventaire national de ses émissions de GES liées aux activités humaines et par source. Ces informations ont pour but de mesurer les progrès accomplis dans le cadre de leur engagement national. Au terme de l’accord, les riches pays développés prenaient l’engagement de soutenir les pauvres pays en développement en dégageant une enveloppe financière de 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 pour solder « la dette climatique » et faire face aux conséquences du déréglementé climatique (sécheresse, inondations, montée des eaux, ouragans destructeurs).

 Pour entrer en vigueur en 2020, l’accord de Paris devait être ratifié par au moins 55 pays représentant au moins 55% des émissions de gaz à effet de serre. Un objectif largement dépassé puisque 196 pays membres de l’ONU sur 197 l’ont ratifié en novembre 2017. La Syrie s’engagea à en respecter le contenu en novembre 2017. De nombreuses associations écologiques et organisations non gouvernementales (ONG) critiquèrent le manque d’ambition de l’accord. Ils jugeaient que « même dans le cas d'une mise en œuvre intégrale des engagements pris à Paris, les émissions prévues d'ici à 2030 entraîneront une hausse des températures mondiales de 2,9 à 3,4 ° d'ici la fin du siècle » 

 En revanche, les climato-sceptiques continuaient à affirmer que les activités humaines n‘étaient pas la cause des dérèglements climatiques. Ils se trouvèrent un porte-parole de choix en la personne de Donald Trump, vainqueur de l’élection présidentielle aux Etats-Unis en novembre 2016. Le 1er juin 2017, comme il l’avait promis pendant la campagne électorale, le chef de l’Etat américain annonça le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris. La décision fut unanimement condamnée par les dirigeants de la planète qui affirmèrent vouloir respecter leurs engagements. Mais, l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5° semble désormais intenable sans les Etats-Unis, première puissance économique et premier pollueur de la planète.

J.-P.G.

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30 Novembre 2017 - 9:25am

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