Jean Paul II blessé dans un attentat

Ça s'est passé un 

13 Mai 1981

Archevêque de Cracovie, le cardinal polonais Karol Josef Wojtyla fut élu pape de l’Eglise catholique le 16 octobre 1978, sous le nom de Jean Paul II. Premier pape italien depuis 455 ans, Jean Paul II inaugura son ministère en manifestant son opposition résolue aux régimes communistes de l’Europe de l’Est. Il apporta son soutien à l’église catholique polonaise et au syndicat Solidarité, contribuant ainsi à l’affaiblissement du régime communiste en place à Varsovie. Sur le plan religieux, il défendit une ligne conservatrice. Il condamna la contraception et l’avortement, rejeta l’ordination des femmes et le mariage des prêtres. Pape populaire, Jean Paul II attirait les foules. Le mercredi 13 mai 1981, plus de vingt mille fidèle s’étaient donné rendez-vous place Saint-Pierre à Rome pour écouter le pape lors de l’audience générale hebdomadaire. Chacun savait que Jean Paul II avait l’intention d’évoquer la Vierge de Fatima (Portugal) dont on fêtait ce jour-là l’anniversaire de la première apparition. L’après-midi finissait quand le véhicule du pape – un 4X4 Fiat découvert – apparut sur la place entre les rangées du public. Un jeune turc de 22 ans Mehmet Ali Agca, membre de l’organisation nationaliste et islamiste des « loups gris », sortit un pistolet semi-automatique Browning de la sacoche qu’il tenait en bandoulière. Il était 17h17 quand il tira une première fois sur le pape. La balle de 9 mm toucha l’index de la main gauche du pape et finit sa course dans l’abdomen où elle perfora l’intestin. Un deuxième projectile effleura l’évêque de Rome et blessa légèrement une touriste américaine et une jamaïquaine.

Gravement atteint, le pape s’affala dans son véhicule qui démarra à toute vitesse pour rejoindre l’hôpital Gemelli où il arriva après un long trajet de huit minutes qui parut interminable. Les médecins constatèrent que Jean Paul II avait perdu beaucoup de sang. Le pronostic était réservé. On le transfusa avant de l’opérer. L’opération dura cinq heures. Le pape échappa de peu à la mort. Il garda des séquelles de ses blessures. Pendant que le pape luttait contre la mort, le terroriste avait été maitrisé par une…religieuse énergique et par le chef de la sécurité du Vatican. Remis aux autorités italiennes, il apparut qu’Ali Agca était entré en Italie avec de faux papiers en passant par la Bulgarie, ce qui accrédita la thèse d’un complot ourdi par les services secrets bulgares. Le pape affirma plus tard n’y avoir jamais cru. Les années suivantes, d’autres commanditaires furent évoqués par la presse ou par des sources confidentielles : les services de renseignement de l’armée soviétique, un groupe islamique radical, la mafia turque, la mafia sicilienne, le réseau clandestin Gladio lié à l’Otan, la CIA. Ali Agca varia dans ses déclarations. Il changea à plusieurs reprises de version, accréditant un jour une thèse avant de la démentir le lendemain. Son procès en 1986 apporta un démenti à toutes ces hypothèses plus ou moins étayées ou farfelues. Il apparut que le tireur avait agi de sa propre initiative. Il fut condamné à la réclusion perpétuelle. En 2000, après 19 ans d’incarcération, il bénéficia d’une grâce présidentielle et fut renvoyé en Turquie où la justice le condamna à dix ans de prison pour le meurtre en 1979 du directeur du quotidien de centre-gauche Milliyet. Libéré en 2010, Agca publia en 2013 ses « mémoires ». Il affirma que le commanditaire du complot était l’Ayatollah Khomeiny. Une nouvelle version qui laissa sceptique les spécialistes.

 Jean Paul II rencontra longuement Ali Agca en 1983 dans la prison italienne où il était détenu. Il lui pardonna son acte et demanda même aux fidèles de prier pour « son frère ».

J.-P.G.

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25 Avril 2017 - 6:32pm