Khrouchtchev dénonce Staline

Ça s'est passé un 

25 Février 1956

La dernière fois que le parti communiste de l’Union soviétique s’était réuni en congrès, en octobre 1952, Joseph Staline tenait fermement la barre du parti-Etat. Depuis bien des événements s’étaient produit. D’abord, la mort du « petit père des peuples » avait bouleversé le pays. Ensuite, Nikita Khrouchtchev était devenu le numéro un après une féroce lutte pour le pouvoir qui s’était conclue selon les vieilles pratiques staliniennes par l’exécution de son opposant Béria, le chef de la police secrète. Malgré quelques décisions en faveur de la « légalité socialiste », le système totalitaire perdurait. Aussi, les kremlinologues ne s’attendaient à aucune annonce de changement quand ils apprirent que le parti communiste d’Union soviétique se réunirait en congrès du 14 au 25 février 1956. Ils se trompaient lourdement. Le 24 février, la veille de la clôture du congrès, Khrouchtchev revint devant les délégués. Il demanda aux représentants des partis étrangers de quitter la salle. Seuls les « soviétiques » devaient débattre du rapport secret qu’il allait leur lire. Dans la nuit du 24 au 25 février, il dénonça « le culte de la personnalité, l’idolâtrie » et les crimes commis par Staline. Il déclara à la surprise générale : « Certaines restrictions de la démocratie du parti et de la démocratie soviétique, inévitables dans les conditions de la lutte acharnée (…) Staline commença à les introduire comme règle dans la vie du parti et de l'État ».

 Il accusa Staline d'avoir « violé grossièrement les principes léninistes de direction. (…) Staline se trouvait, en fait, hors de la critique. La formule erronée de Staline, selon laquelle à mesure que l'Union Soviétique progresse vers le socialisme, la lutte de classe s'aggravera davantage, a causé un grand préjudice à la cause de la construction socialiste, au développement de la démocratie à l'intérieur du parti et de l'État. (…) Cette formule théorique erronée servit, en pratique, pour justifier les violations les plus grossières de la légalité socialiste et la répression de masseL’administration habituelle de la justice fut souvent remplacée par ses décisions personnelles. La légalité soviétique fut gravement violée et des répressions en masse furent déchaînées ».

 La « déstalinisation » décrétée par Khrouchtchev déclencha une vague de limogeage de dirigeants staliniens dans les pays de l’Est. Des communistes injustement incarcérés ou exécutés furent réhabilités. En octobre 1956, les Hongrois se révoltèrent contre leurs dirigeants mis en place par l'ancien maître de l'URSS. Les chars de l’Armée rouge écrasèrent l’insurrection. La déstalinisation ne devait pas remettre en cause le socialisme.

Jean-Pierre Giovenco

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22 Janvier 2016 - 5:49pm