L’échec de la sécession biafraise

Ça s'est passé un 

12 Janvier 1970

 Le Biafra déposa les armes après une guerre sanglante qui dura trente mois. Le général Philip Effiong, premier ministre, reconnut la défaite de l’armée séparatiste. Un cessez-le-feu mettait fin aux combats. Le Biafra réintégrait le Nigéria. La crise remontait au  27 mai 1967 quand le président du Nigéria Yakubu Gowon avait décidé de transformer le pays en une république fédérale composée de douze Etats, selon le modèle américain. Cette mesure provoquait la division de l’ethnie chrétienne des Ibos entre plusieurs Etats. Persécutés par des musulmans dans le Nord du pays, les Ibos n’acceptèrent pas ce nouveau découpage qui les affaiblissait et les privait du contrôle du pétrole présent dans le sous-sol du delta du Niger. Le 30 mai, un conseil consultatif de la région de l’Est décidait la sécession et le  lieutenant-colonel Ojukwu proclamait l’indépendance du Biafra. L’armée fédérale nigériane entra immédiatement en action pour mater la rébellion. Les armes allaient décider de l’avenir du nouveau pays. Deux camps s’opposèrent. Le Biafra dont le sous-sol regorgeait de pétrole était soutenu par les compagnies pétrolières anglo-saxonnes. Leurs détracteurs les accusaient de vouloir transformer le pays en un nouveau Koweït. La France de de Gaulle fournit des armes et quatre pays africains reconnurent  le nouveau pays. Les Nigérians bénéficiaient de l’appui de l’Organisation de l’Union Africaine (OUA), de l’ancienne puissance coloniale, le Royaume-Uni et de l’URSS. Les Etats-Unis défendaient l’unité territoriale du Nigéria mais refusèrent d’accorder une aide militaire.

 Des mercenaires motivés par l’argent ou  par la défense d’un idéal affluèrent du monde entier et participèrent aux combats. Après quelques succès initiaux, les biafrais reculaient partout. La tactique des fédéraux consistait à étouffer le Biafra en encerclant son territoire, en le coupant de son débouché sur l’océan Atlantique, en s’emparant des principales villes. Des contre-offensives biafraises permirent quelques  succès mais restèrent sans lendemain. L’initiative appartenait aux fédéraux. La guerre donna lieu à de terribles massacres et exactions.

 Le Nigeria décida d’affamer le pays. Selon les estimations, entre un et deux millions de biafrais moururent de faim, de soif de maladies. Leur calvaire filmé par les caméras de télévisions émut l’opinion mondiale. Des intellectuels et artistes comme John Lennon et  des associations caritatives se mobilisèrent pour faire cesser la crise humanitaire. On parla de génocide. Un pont aérien fut mis en place pour secourir les populations sous-alimentées. De nombreux médecins dont Bernard Kouchner dénoncèrent la politique de neutralité de la Croix Rouge. Partisans du droit d’ingérence humanitaire, ils créèrent Médecins sans frontière  en septembre 1971. 

Jean-Pierre Giovenco

Demain : La dernière machination de Staline

Google news Référence: 
105
17 Décembre 2016 - 6:43pm

Un jour, un événement