L’église catholique fait sa révolution

Ça s'est passé un 

8 Décembre 1965

Voulu et ouvert par le pape Jean XXIII, le 11 octobre 1962, le XXIe « Concile œcuménique de l’Eglise catholique », baptisé Vatican II, termina officiellement ses travaux sous le pontificat de Paul VI, trois ans plus tard. Les observateurs et vaticanistes jugèrent que l’objectif que s’était assigné Jean XXIII, à savoir de faire « pénétrer l’air frais » du monde extérieur dans la citadelle catholique avait été largement atteint. Deux milles quatre cents cardinaux, évêques, patriarches, supérieurs des ordres religieux, experts et théologiens, appelés « pères conciliaires », venus du monde entier, se répartirent entre plusieurs commissions chargées de rénover les vieux dogmes dépassés par les évolutions scientifiques, la culture, les mœurs ou d’approfondir les questions de la foi. Les religieux se réunirent en quatre sessions plénières (octobre-décembre 1962, septembre-décembre 1963, septembre-novembre 1964, septembre-décembre 1965). En s’ouvrant sur le monde moderne tel qu’il était, l’église catholique reconnaissait de facto la liberté religieuse. La déclaration Dignitatis humanae indiquait qu’ « en matière religieuse nul ne [peut être] forcé d'agir contre sa conscience » et que « personne ne doit être contraint à embrasser la foi malgré lui ». Elle rejetait aux oubliettes l’esprit totalitaire du Saint Office et de l’inquisition. Elle rompait avec la tradition qui consistait à peser sur l’intelligence et la conscience des hommes. L’église catholique affirmait respecter les règles et les doctrines des religions non chrétiennes comme l’islam, l’hindouisme, le bouddhisme, le judaïsme.

  Cela revenait à renoncer au monopole de la vérité. Elle rendait hommage à ce qui était « vrai et saint » dans les autres religions. Rompant avec des siècles de dogmes et de pratiques, Vatican II récusait toute responsabilité du peuple juif dans la mort du Christ et condamnait les persécutions antisémites, interdisant tout antijudaïsme dans la catéchèse et la prédication. Un texte mettait en valeur les racines juives de la foi chrétienne. Les pères conciliaires décidèrent l’abandon de l’utilisation du latin lors de la messe. Un nouveau missel entra en vigueur. On institua le diaconat marié qui autorisa les diacres à distribuer la communion et à prêcher.

 Vatican II s’adressa également aux athées et aux communistes dont Jean XXII affirmait : « Ils se disent les ennemis de l’Eglise, mais l’Eglise n’a pas d’ennemis. ». Après des années de condamnation, le concile admit l’apostolat choisi et défendu par les prêtres-ouvriers dans les milieux populaires. Sur le plan social, Vatican II affirmait la primauté de la propriété collective sur la propriété privée et dénonçait les injustices.

 En revanche, le concile laissa en suspend un certains nombres de questions : l’utilisation du préservatif, le mariage des prêtres, le mariage mixte, le remariage des divorcés.

Jean-Pierre Giovenco

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4 Novembre 2016 - 10:12am

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