L’Allemagne attaque L’Union soviétique

Ça s'est passé un 

22 Juin 1941

Le 23 août 1939, lorsque l’Allemagne nazie et l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) signent un traité de non-agression la surprise est grande dans la chancellerie occidentale et encore plus auprès des peuples qui croyaient encore aux idéaux révolutionnaires. Mais Joseph Staline souhaite éviter la confrontation avec l’armée allemande et, au passage, en profiter pour annexer quelques provinces de l'Est de l'Europe. De son côté Adolf Hitler a choisi de porter d’abord son effort militaire à l’Ouest contre la France et l’Angleterre. Mais le Führer n’oublie pas les fondamentaux de sa doctrine, à savoir la nécessaire lutte contre les bolcheviks, qui, alliés aux Juifs, seraient responsables de la misère que connaît le peuple russe. Moins d’un an après la signature du traité de non-agression, en juillet 1940, une fois l’armistice signé avec Philippe Pétain, Hitler demande à son état-major de préparer un plan d’invasion de l’Union soviétique. Il se propose de mener une guerre d'extermination contre le bolchevisme « désintégrateur », dont le Juif est la figure de proue. Dans les deux mois précédant l'invasion, d'autres directives autorisent les exécutions de représailles de grande ampleur, et accordent, de fait, l'impunité aux soldats auteurs d'exactions contre les civils. Le nom de code de l’opération d’invasion est : Barbarossa (en allemand : Unternehmen Barbarossa) en référence à l'empereur Frédéric Barberousse. 

 Elle est déclenchée le 22 juin 1941, un jour qui n’est pas choisi au hasard puisque c’est à cette date que Napoléon avait lancé ses troupes contre le Tsar en 1812. Pour les Allemands, il s’agit d’agir vite, le plan fixe à quatre mois le délai nécessaire à l’anéantissement militaire de la Russie. Jugeant les troupes soviétiques sous équipées et surtout très mal encadrées depuis les purges de Staline qui ont destitué une part importante de l’encadrement, le Führer table sur une avance rapide de ses troupes avant l’hiver. C'est la plus grande invasion de l'histoire militaire en termes d'effectifs engagés et de pertes : près de quatre millions de soldats de l'Axe pénètrent en Union soviétique. En plus des troupes, l'opération Barbarossa a mobilisé 600 000 véhicules et 600 000 chevaux. Cette invasion marque aussi un tournant dans la guerre, jusqu'alors encore assez localisée et européenne. Elle va bientôt embraser le monde entier.

 La Wehrmacht possède une supériorité initiale considérable en hommes (deux contre un) et en équipements. Elle est mieux organisée, bien mieux commandée et dispose, du moins jusqu’à la gigantesque bataille de Koursk de juillet 1943, d'une incontestable supériorité tactique. Elle bénéficie de l'effet de surprise. L'Armée rouge, si elle est loin d'être préparée au choc avec l'Allemagne, dispose cependant d'importantes réserves humaines et d'un patriotisme russe que Staline saura réactiver en raison de l’état de guerre. Le nazisme, qui ne laissera aux ennemis d'autre alternative que la mort ou l'esclavage, jouera également un rôle important dans le sursaut patriotique.

 L'opération Barbarossa s'étendra de juin 1941 à janvier-février 1942, l'échec allemand de la bataille de Moscou signant la fin de cet épisode. Le conflit se poursuit ensuite à l’avantage de la Russie jusqu’à la bataille de Berlin en avril 1945.

Serge Bolloch

Demain : La renaissance de l’olympisme 

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21 Mai 2016 - 9:49pm

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