L’armée allemande occupe Paris

Ça s'est passé un 

14 Juin 1940

Après la fin de la bataille de Dunkerque le 3 juin qui avait permis l’évacuation vers l’Angleterre de 338 226 hommes dont 123 095 Français, le nouveau commandant en chef de l’armée française le général Maxime Weygand tenta de reconstituer un front le long de la Somme et de l’Aisne, avec l’espoir de rééditer le miracle de la Marne qui avait permis en septembre 1914 d’arrêter l’assaut allemand et de sauver Paris. Il disposait de soixante divisions appuyées par 1500 chars. Il demanda à ses troupes de se retrancher dans les villes et villages, les unités blindées devant colmater les brèches. La Wehrmacht qui disposait de moyens considérables et avait peu souffert des premières batailles mit en échec son plan. Le 5 juin, installés dans des têtes de pont que l’armée française n’avait pu réduire, les allemands après une intense préparation d’artillerie et appuyés par l’aviation lancèrent une violente offensive. Après quatre jours de combat, les blindés de Rommel atteignirent la Seine près de Rouen. Sur l’Aisne, le front fut percé malgré une résistance héroïque des troupes du général de Lattre. Paris était désormais menacée. Le président du Conseil Paul Reynaud décida le 10 juin l’évacuation du gouvernement. Comme douze millions de Français, les ministres, les parlementaires et les hauts fonctionnaires prirent le chemin de l’exode pour ne pas tomber entre les mains des allemands. Le cabinet s’installa d’abord dans la région de Tours puis quelques jours plus tard à Bordeaux. 

 Jugeant que le front était sur le point de se rompre, Weygand ordonna le 12 juin un repli général des armées françaises sur un axe allant de Caen aux Vosges en passant par Orléans et Langres. La retraite tourna à la débâcle. Et Paris ? Transformerait-on la ville en camp retranché pour y fixer les troupes allemandes ? Les autorités françaises craignaient que la capitale subît le sort de la ville de Rotterdam, bombardée et en partie détruite par l’aviation ennemie le mois précédent. Pour lui épargner la ruine, on décida le 13 juin de déclarer Paris, ville ouverte. L’armée évacua ses positions. Les combats intra-muros y étaient interdits. Ils se poursuivaient en banlieue. A bordeaux, les partisans d’un armistice avec le Troisième Reich firent courir la rumeur que le parti communiste français avait pris le pouvoir dans la ville. Georges Mandel, le ministre de l’intérieur, appela le préfet de police de Paris toujours en place, qui lui démentit l’information.

Le 14 juin, à 7 heures 30, les allemands exigèrent la signature d’un cessez-le-feu également dans les villes de banlieue où des escarmouches continuaient, faute de quoi la ville sera bombardée. Dans la matinée, précédée par des unités de motocyclistes, une division allemande du groupe d’armée B, commandée par le général von Bock fit son entrée dans Paris, en partie désertée par ses habitants. Le général entouré de son état-major visita la ville et se laissa photographier sur la place de la Concorde. Un premier défilé de troupes fut improvisé sur les Champs-Elysées. Les occupants retirèrent tous les drapeaux français accrochés aux frontons des édifices publics et les remplacèrent par des bannières à croix gammées. Ils en déployèrent une d’une grande dimension sous l’arc de triomphe. Après la protestation des conseillers municipaux parisiens, ils consentirent à la décrocher. Ils édictèrent leurs premières réglementations, instaurèrent un couvre-feu et décidèrent que Paris serait désormais à l’heure de Berlin.

 La chute de la capitale - plus symbolique que stratégique - suscita une intense émotion dans le camp allié. Elle illustrait la défaite française. A bordeaux, où était réfugié le gouvernement de Paul Reynaud et le président de la République Albert Lebrun, elle renforça le camp de ceux qui comme Philippe Pétain et l’état-major militaire souhaitaient cesser le combat.

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21 Mai 2016 - 8:58pm

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