La Chine écrase un soulèvement au Tibet

Ça s'est passé un 

19 Mars 1959

Indépendant jusqu’en 1950, le Tibet a été annexé par la Chine en 1950. La puissante armée populaire chinoise n’a eu aucun mal pour écraser un adversaire courageux mais peu nombreux et sous-équipé. Le pays était gouverné par un dieu-roi, le Dalaï-lama. Il fut contraint de signer un accord en 17 points qui reconnaissait la souveraineté de Pékin sur son pays. Le Tibet devenait une province autonome. En échange, Pékin concédait la mise en place d’un cabinet ministériel tibétain (Kashag) présidé par le dalaï-lama pour administrer le pays. La population n’accepta jamais cette reddition. Elle n’en tint pas rigueur à son chef spirituel mais se révolta à plusieurs reprises contre l’occupant chinois qui réagit en massacrant les rebelles. En 1959, un calme relatif régnait dans le pays même si l’aspiration à l’indépendance était toujours forte chez les Tibétains. Le 10 mars 1959, un incident apparemment mineur, provoqua une crise majeure. Le commandant de la garnison chinoise invita le Dalaï-lama à assister à une représentation théâtrale dans sa résidence de Lhassa. Invoquant des raisons de préséances, il pria le dieu-roi de venir sans son escorte armée. Cette demande intrigua les partisans du chef religieux. La population rapidement informée de la demande chinoise était convaincue qu’on allait l’enlever voire l’assassiner. Des milliers de manifestants encerclèrent son palais pour l’empêcher de sortir. Le Dalaï-lama était autant prisonnier que protégé par son peuple.

 Dans l’euphorie de l’action, un « comité de libération » du Tibet était créé. La garde personnelle de dalaï-lama rallia les rebelles. Des armes furent distribuées à la population de Lhassa. La route de l’aéroport fut coupée par des barricades. Les guerriers khambas qui s’étaient infiltrés dans la ville firent leur apparition bardés d’armes. Des ministres tibétains proclamèrent l’indépendance du Tibet. Les Chinois répliquèrent en concentrant des troupes, des blindés et de l’artillerie dans la ville. L’affrontement paraissait inévitable.

 Le 17 mars, le dieu-roi déguisé en soldat khambas quitta dans le plus grand secret son palais et prit le chemin de l’exil en Inde. Le 19 mars, l’armée chinoise donna l’assaut aux positions tenues par les rebelles. Elle bombarda le palais du dieu-roi. Les combats durèrent quatre jours et causèrent la mort d’une dizaine de milliers de Tibétains. Les chinois déportèrent dix mille autres personnes. Le quart de la population de Lhassa avait été tué ou emprisonné. Le 29 mars, le dalaï-lama obtenait l’asile politique en Inde. Il y demeure encore aujourd’hui.

Jean-Pierre Giovenco

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8 Février 2016 - 10:31am

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