La France battue par l’Italie au Mondial

Ça s'est passé un 

9 Juillet 2006

Organisée en Allemagne du 9 juin au 9 juillet 2006, la dix-huitième édition de la Coupe du monde de football réunit trente-deux équipes nationales pour la phase finale. Mis à part l’Allemagne qui avait été qualifiée d’office en sa qualité de pays organisateur, les trente et une autres formations avaient conquis le droit de concourir après avoir remporté leur poule préliminaire les mois précédents. Au début de la compétition, les observateurs désignaient deux favoris : l’Allemagne, triple vainqueur (1954, 1974,1990) et hôte de l’épreuve et le Brésil, victorieuse à cinq reprises (1958, 1962, 1970, 1994, 2002) et vainqueur sortant. Parmi les outsiders qui pouvaient contester leur domination figuraient l’Argentine, l’Espagne, la France, gagnante du mondial chez elle en 1998 et l’Italie, triple lauréate (1934, 1938, 1982). Lors du premier tour se déroula selon la formule des poules. Le pronostic des parieurs sembla se réaliser. L’Allemagne et le Brésil remportèrent brillamment leurs trois matches, totalisant 9 points. L’Espagne et le Portugal impressionnèrent également en finissant en tête avec 9 points. L’Argentine, l’Italie, la Suisse et l’Angleterre terminèrent en tête de leur poule avec 7 points (2 victoires et un match nul chacun). En revanche, la France déçut ses supporters et échappa de peu à l’élimination. Classée deuxième dans le même groupe que la Suisse, elle se qualifia in extremis avec seulement cinq points, après deux médiocres matches nuls contre la Confédération helvétique (0-0) et la modeste Corée du sud (1-1) et une seule victoire contre le faible Togo (0-2).

Coup de tête : Zidane s’explique

Quelques jours après avoir agressé Marco Materazzi, Zinedine Zidane donna les raisons de son geste à la télévision : « ll m’a tenu des mots très durs, plus durs qu’un geste, qu’il répète plusieurs fois. Ensuite, ça se passe très vite. Il a dit des choses très graves, très personnelles qui me touchent au plus profond de moi, sur ma maman, ma sœur. J’écoute une fois, j’essaye de partir, puis une deuxième fois, une troisième fois. Je suis un homme avant tout. J’aurais préféré prendre une droite dans la gueule plutôt que d’entendre ça. Bien sûr, c’est un geste à ne pas faire et je veux le dire haut et fort, je m’excuse auprès des millions d’enfants qui ont pu voir ce geste, auprès des éducateurs qui disent les choses à faire et à ne pas faire. Mais, je ne peux pas regretter ce geste. Cela voudrait dire qu’il avait raison et il ne peut pas avoir raison, surtout pas. Ce que je déplore, c’est qu’on sanctionne toujours la réaction. Mais s’il n’y a pas de provocation, il n’y a pas de réaction. Vous croyez qu’à dix minutes de la fin de ma carrière, j’aurais fait ce geste par plaisir ? Bien sûr, mon geste n’est pas pardonnable mais il faut aussi sanctionner le vrai coupable. Et le vrai coupable, c’est celui qui provoque. »

Les journalistes brocardèrent les choix tactiques de l’entraineur-sélectionneur Raymond Domenech rendu responsable de la faiblesse offensive de l’équipe : trois buts en trois matches. Les Bleus étaient qualifiés pour la phase à élimination directe, à la grande joie des supporters. L’essentiel était assuré même si peu de parieurs misaient un euro sur l’avenir de l’équipe de France dans la compétition, d’autant que pour le match suivant la France rencontrait l’Espagne, brillant vainqueur de son groupe. La confrontation eut lieu le 27 juin au stade de Hanovre. Déjouant tous les pronostics, les Bleus battirent brillamment les Espagnols sur le score de 3 buts à 1. Pourtant, l’Espagne avait ouvert le score sur pénalty. Frank Ribéry égalisa, Patrick Vieira permit à la France de prendre l’avantage et Zinedine Zidane mit l’équipe à l’abri d’un retour des espagnols en inscrivant un troisième but. L’enthousiasme des Français baissa d’un cran quand on apprit que les Bleus devaient affronter en quarts de finales le Brésil dans le stade de Francfort. Présenté comme la revanche de la finale du mondial de 1998 gagnée par la France au stade de France, le match fut crispant. Il fallut attendre l’heure de jeu pour assister à l’ouverture du score. A la suite d’un coup franc tiré par Zidane, Thierry Henry envoya le ballon dans les filets du gardien brésilien. La France se qualifia pour les demi-finales sur le plus faible score. L’adversaire suivant était le Portugal, auteur d’un parcours exceptionnel (victoires sur les Pays-Bas en huitièmes et l’Angleterre en quarts). Le match se déroula le 5 juillet à Munich dans une ambiance crispante. L’enjeu, une participation à la finale, conduisit les Français à jouer surtout en défense. Malgré de belles actions, les Portugais échouèrent à transpercer le bloc défensif des Bleus. A la trente-troisième minute, l’arbitre siffla un pénalty – contesté – après une action litigieuse sur l’attaquant Thierry Henry. Zinedine Zidane le transforma. Aucun autre but ne fut marqué ensuite. La France était qualifiée pour sa seconde finale dans une coupe du monde de football, huit après celle gagnée en 1998. L’adversaire était coriace : l’Italie qualifiée la veille dans le stade de Dortmund.

 La squadra azura avait également réalisé un beau parcours. En huitième, elle était venue à bout de l’Australie grâce à un pénalty contesté, sifflé dans les arrêts de jeu de la seconde mi-temps. En quarts, les Italiens s’imposèrent facilement face à l’Ukraine sur le score de 3 buts à 0 dont deux marqués par Luca Toni. En demi-finale, l’Italie fut opposée à l’Allemagne dans une ambiance indescriptible à Dortmund. Il s’agissait d’une finale avant l’heure. Au terme du temps réglementaire, aucune des deux équipes n’avait marqué le moindre but. On entama les prolongations. Vingt-neuf minutes plus tard, les cages des gardiens étaient toujours inviolées. Les entraineurs et les joueurs se préparaient à la séance des tirs aux buts pour partager les deux équipes. Mais à la cent-dix-neuvième minute sur une passe d’Andrea Pirlo, Fabio Grosso trouva les chemins du filet. Une minute plus tard, dans les arrêts de jeu, Alessandro Del Piero doubla la mise sur un contre, plongeant l’Allemagne dans la plus grande détresse. Elle était privée de « sa » finale par sa bête noire au football. Elle se consola en remportant le match pour la troisième place face au Portugal, battu sur le score de 3-1.

 Le finale se déroula le 9 juillet 2006 à Berlin. La France ouvrit le score dès la septième minute à la suite d’un généreux pénalty accordé par l’arbitre à l’équipe de France à la suite d’une faute supposée du défenseur Marco Materazzi. Zidane le transforma en marquant une « panenka ». Le ballon heurta la barre transversale et rebondit derrière la ligne du gardien Gianluca Buffon. Materazzi et Zidane ne se doutaient pas à ce moment-là qu’ils seraient les deux héros de la finale. Responsable du pénalty qui pénalisait son équipe, le défenseur italien se racheta en effet à la dix-neuvième minute en reprenant victorieusement un corner tiré par Pirlo. Les deux équipes étaient à égalité. A la soixante-deuxième minute Luca Toni marqua un but. L’arbitre le refusa pour hors-jeu. Les équipes se neutralisèrent jusqu’à la fin du temps réglementaire. Pendant la prolongation, Buffon sauva ses buts en détournant in extrémis un tir de la tête de Zidane. On s’acheminait vers les tirs au but quand un incident opposa Materazzi et Zidane. Sous l’œil des caméras, l’attaquant français donna un coup de tête au thorax de son adversaire. Il répondit à sa manière à des insultes, semble-t-il. Le journaliste Thierry Gilardi qui commentait le match à la télévision résuma le sentiment de tous ceux qui aimaient le football et le champion français: « Pas ça, Zinedine... Oh non ! Oh non, pas ça ! Pas aujourd'hui, pas maintenant, pas après tout ce que tu as fait ! » Non remarqué par l’arbitre central mais signalé par le quatrième arbitre du match, l’incident valut à Zidane d’être expulsé (Lire ci-contre). Son absence se fit sentir lors de la séance des tirs au but, rendue nécessaire pour désigner un vainqueur. Les Italiens remportèrent la confrontation 5 tirs réussis (par Pirlo, Materazzi, De Rossi, Del Piero, Grosso) contre 3 pour les Français (par Wiltord, Abidal, Sagnol). David Trézeguet rata son tir et resta inconsolable.

Les joueurs de l’Italie purent faire coudre sur leur maillot une quatrième étoile, symbole du nombre de victoires de la Squadra azura dans la coupe du monde de football depuis sa création.

J.-P.G.

Demain : La France coule le Rainbow Warrior

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22 Juin 2017 - 10:16am

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