La France fait exploser une bombe A

Ça s'est passé un 

13 Février 1960

« Hourra pour la France ! », écrivit, lyrique le général de Gaulle à Pierre Guillaumat ministre chargé de l’énergie atomique à l’annonce du succès de l’explosion de la première bombe A française. Le président de la République ajouta: « depuis ce matin (la France) est plus forte et plus fière ». Voulue par Mendès France en 1954, réalisée par de Gaulle en 1960, la fabrication d’une bombe A permettait à la France de rejoindre « la cour des grands » pays. L’essai avait eu lieu dans le désert saharien de Tamanrasset, à une cinquantaine de kilomètre au sud-ouest de Reggane. Initialement, les militaires comptaient réaliser cette expérience… en métropole. Des sites dans les Pyrénées, les Alpes et la Corses avaient été sélectionnés. Finalement, on les avait écartés pour des motifs politiques et techniques. Il s’agissait d’un essai en plein air. Le site de Reggane en Algérie française convenait bien au yeux des militaires. Eloigné de toute agglomération importante, les risques de contamination restaient dans des limites acceptables, pensaient - à tort - les ingénieurs français. L’engin avait été placé au sommet d’une tour métallique. L’explosion avait été ordonnée à partir d’un poste de commandement avancé. La puissance de la bombe française était faible si on la comparait à celles des engins déployés par les américains et les soviétiques qui maîtrisaient la technologie des bombes H. On surnomma la bombe française : la « bombinette ».

 Mais, il s’agissait d’un début. D’autres engins plus puissants explosèrent. Une enquête du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) prouva l’existence d’une zone contaminée longue de 150 kilomètres. On décida alors de procéder à des essais dans des galeries souterraines creusées horizontalement dans des roches granitiques. Le premier essai eu lieu en novembre 1961 et se passa bien. Une seconde tentative en mai 1962, causa le dégagement d’un nuage radioactif. L’indépendance de l’Algérie proclamée en 1962 condamna le centre d’expérimentation qui ferma en 1966.

 La France dû choisir un nouveau site pour ses expériences. Elle s’installa en Polynésie française où fut créé le Centre d’expérimentation du Pacifique (CEP). Malgré les protestations des populations locales et des pays riverains comme la Nouvelle-Zélande et l’Australie, les atolls de Mururoa et de Fangataufa devinrent des polygones de tir. 46 essais aériens et 146 essais souterrains y furent organisés jusqu’au 27 janvier 1996 date à laquelle on procéda à la dernière explosion à Fangataufa. Le traité d’interdiction des essais nucléaires auquel la France adhérait entrait en vigueur. Désormais, les essais nucléaires seraient réalisés à partir de simulations, grâce notamment à des supers ordinateurs.

Jean-Pierre Giovenco

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22 Janvier 2016 - 2:57pm

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