La France humiliée au Traité de Paris

Ça s'est passé un 

10 Février 1763

La guerre de Sept ans (1756-1763) fut qualifiée par les historiens de « première guerre mondiale ». Elle opposa deux coalitions : la première organisée autour de la France et de l’Autriche, rassemblait la Russie, la Suède, la Saxe, l’Espagne ; la seconde regroupait l’Angleterre, la Prusse et Hanovre. Les opérations militaires se déroulèrent simultanément sur plusieurs théâtres d’opérations en Europe, dans le nord du continent américain, en Afrique et aussi en Inde. Les armées s’affrontèrent sur les continents et les marines luttèrent sur les mers et les océans. Deux raisons expliquaient le déclenchement des hostilités : l’Autriche s’opposait à l’impérialisme de la Prusse qui lui avait enlevé en 1740 la Silésie ; la France et l’Angleterre s’affrontaient pour étendre leur empire colonial. Après des succès initiaux mais secondaires en Allemagne (victoire de Hastenbeck en 1757, de Bergen en 1759) contre les alliés des Prussiens et en Méditerranée face à l’Angleterre (prise de Minorque en 1756, bataille de Saint-Cast en 1758), la situation militaire tourna au désavantage du royaume de France à partir de 1759. Malgré le soutien de l’Espagne, les armées françaises subirent plusieurs défaites en Europe (Warburg en 1760, Villinghausen en 1760, Lurzelberg 1762), en Amériques (capitulation des Français à Québec en 1759) et en Asie (reddition de Pondichéry en 1761). Epuisés par un conflit sanglant, les belligérants décidèrent d’entamer des négociations de paix en 1762.

Les discussions durèrent plusieurs mois et se conclurent par la signature du Traité de Paris le 10 février 1763. Les deux grands vainqueurs du conflit étaient le Royaume-Uni, désormais seule grande puissance mondiale après l’effacement de la France et la Prusse dont l’avènement modifia les rapports de forces politiques et militaires en Europe. L’Autriche sortait affaiblie en Allemagne mais restait dominante en Italie et en Europe centrale. La France de Louis XV fut la grande perdante. Elle signa la fin de son empire colonial. Au terme du traité, elle restitua Minorque à l’Angleterre et évacua les territoires qu’elle occupait encore en Allemagne. En Amérique du Nord, elle céda à l’Angleterre, le Canada, ses possessions du golfe de Saint-Laurent, l’île royale, la rive gauche du Mississippi, la vallée de l’Ohio, ainsi que des iles des Antilles dont Saint-Vincent, la Dominique, Grenade et Tobago. En compensation de la perte de la Floride annexée par l’Angleterre, la France fut contrainte d’abandonner la Louisiane à son ancien allié espagnol. Dans le nouveau monde, la France ne conservait que Saint-Pierre-et-Miquelon, la Guadeloupe, la Martinique et Saint-Domingue. En Asie, le royaume de France perdit son vaste empire des Indes qui passa sous contrôle britannique. Il garda les cinq comptoirs de Chandernagor, Yanaon, Pondichéry, Karikal et Mahé. En Afrique, la France renonça au Sénégal, sauf Gorée qui resta française.

 L’humiliation subie le royaume qui était amputé de ses possessions d’outre-mer laissa les Français indifférents. Voltaire exprima leur sentiment en affirmant ne pas s’intéresser à « quelques arpents de neige ».

J.-P.G.

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16 Décembre 2017 - 5:22pm

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