Le débarquement allié en Provence

Ça s'est passé un 

15 Août 1944

Moins connu que la célèbre opération normande du 6 juin 1944, le débarquement en Provence n'en est pas pour autant secondaire. Les deux scénarios ont été conçus conjointement par les états-majors alliés afin de repousser les forces allemandes hors de France. Mais le premier ministre britannique, Winston Churchill, ne croit pas à cette stratégie. Pour « prendre les Allemands en tenaille », le chef du gouvernement préfère une offensive depuis l’Italie vers les Balkans pour ensuite remonter vers Berlin. Cependant, encouragé par la prise de Rome et le succès de l'opération sur les côtes normandes, le président américain, Franklin Roosevelt, est convaincu de porter un coup décisif en déclenchant une opération dans le sud de la France. Il a même envisagé un moment de programmer les deux invasions navales au même moment. Mais le manque de péniches de débarquement et l’obligation de ne pas retirer de soldats des fronts italiens avant la prise de Rome l’en ont empêché. Les Américains n’oublient pas leur projet et, malgré le peu d’enthousiasme des Anglais, en poursuivent la préparation. Ils sont aidés par le général de Gaulle pour qui cette implantation en France est importante, comme elle l’est pour les résistants massivement mobilisés depuis le 6 juin et qui subissent de lourdes pertes dans les territoires occupés. On recense près de 400 morts dans les seuls départementaux provençaux entre le 6 et le 17 juin.

 Commandant en chef des forces alliées en Europe, le général américain Dwight Eisenhower, a déjà fixé les grandes lignes de l’opération. Il faut à tout prix reconquérir les ports stratégiques de Toulon et Marseille et constituer dans la région varoise une ligne de front de 25 km de profondeur. Il s’agit d’affaiblir les Allemands et de poursuivre la libération des territoires occupés. Selon ses plans les troupes alliées doivent ensuite rejoindre les forces débarquées en Normandie.

Le nom de code de cette intervention est d’abord Anvil (enclume en anglais), puis il est changé en Dragoon par Winston Churchill, car ce dernier, opposé à ce débarquement, déclare y avoir été contraint (dragooned). La préparation est minutieuse puisqu’elle nécessite des largages d’hommes derrières les lignes ennemis avant de lancer les soldats à l’assaut des côtes. De plus, la distance entre les bases d’Afrique du nord et la Provence est plus importante que la traversée de la Manche, ce qui nécessite de faire appareiller les quelques 2300 navires qui vont participer à l’assaut longtemps à l’avance et multiplie les risques encourus par cette armada.

«Nancy a le torticolis », « Gaby va se coucher dans l'herbe », « Le chasseur est affamé ». Le 14 août au soir, la BBC confirme depuis Londres, par ces messages adressés aux forces françaises de l’intérieur, l’imminence du débarquement. Le coup d'envoi de l’opération Dragoon est donné le lendemain à 0 h 15, soixante-dix jours après le débarquement en Normandie. Au total 94 000 soldats et 11 000 véhicules vont fouler le sable des plages françaises. Le premier jour, l’objectif est de constituer une ligne de front, appelée Blue Line, puis d’avancer vers la vallée du Rhône. La Provence est libérée en treize jours : du 15 août, avec le village de La Motte, à quelques kilomètres de Draguignan, au 28 août à Marseille, Toulon ayant été prise la veille.

Serge Bolloch

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4 Juillet 2016 - 3:18pm

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