Le naufrage de la « Sémillante »

Ça s'est passé un 

15 Février 1855

La guerre de Crimée opposait depuis le 4 octobre 1853 une coalition comprenant l’Empire ottoman, l’Empire français, le Royaume-Uni et le royaume de Sardaigne à l’Empire russe qui tentait de conquérir de nouveaux territoires au détriment de la Turquie, alors en plein déclin. Les affrontements se déroulèrent essentiellement en Crimée et autour de la base navale russe de Sébastopol. Face aux 1 200 000 russes, les Ottomans étaient 250 000, les Britanniques 98 000, les Italiens 15 000. La France avait envoyé un corps expéditionnaire de 310 000 soldats. Il fallait les approvisionner en nourriture et en munitions. Une noria de bateaux de commerce protégés par des frégates assurait le ravitaillement des troupes. Le 14 février, la frégate Sémillante quitta le port de Toulon où elle mouillait. Rempli de vivre, de canons, de mortiers, de caisses de munitions, le navire de guerre transportait également 393 fantassins envoyés en renfort en Crimée. L’équipage était composé de 293 officiers et marins. Le 15 février la Sémillante atteignit la Corse. Déjà la Sardaigne apparaissait à l’horizon. Une violente tempête d’hiver éclata soudain et secoua le navire. Le capitaine décida de ne pas longer la côte sarde comme il l’avait prévu. Alors que la nuit tombait, il engagea son navire dans les bouches de Bonifacio qui séparaient la Corse au nord de la Sardaigne au sud. Il pensait trouver des eaux plus calmes. Grave et mortelle erreur de jugement.

Alors qu’il s’apprêtait à quitter les bouches à 10 kilomètres au sud-est de Bonifacio, une violente rafale de vent venu du sud brossa la Sémillante sur les îles Lavezzi, composées de récifs granitiques. Progressant à une vitesse évaluée à 12 nœuds, le navire ne put éviter un haut-fond rocheux qu’il heurta de plein fouet. Broyée par le choc formidable, la Sémillante coula corps et bien en quelques instants. Personne n’assista à la scène. Quelques jours plus tard, des pêcheurs découvrirent les corps de plusieurs soldats flottant dans l’eau. L’alerte fut donnée. La frégate avait coulé avec ses 686 hommes. On retrouva les corps de 560 d’entre eux. Faute de moyens de transport, on les inhuma sur place. Ces victimes alourdirent le bilan des pertes françaises pendant la guerre de Crimée : 91 000 tués ou morts de maladie et d’accident.

J.-P.G.

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16 Décembre 2017 - 5:38pm

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