Les Khmers rouges occupent Phnom Penh

Ça s'est passé un 

17 Avril 1975

Un mouvement révolutionnaire et d’inspiration maoïstefut créé au Cambodge dans les années 1950. Au fil des ans et des événements qui embrasèrent la région (guerre d’Indochine, guerre du Vietnam, guerres civiles), il changea de nom (parti communiste, parti révolutionnaire du peuple du Kampuchéa, parti ouvrier, parti du Kampuchéa démocratique) et se radicalisa. Le roi du Cambodge Norodom Sihanouk qui les combattait les baptisa Khmers rouges. Quant au milieu des années 1960 les Etats-Unis envoyèrent des troupes au Sud-Vietnam pour défendre le pays contre l’insurrection communiste dirigée depuis le Nord-Vietnam, le roi mena une politique neutraliste. Mais, il ne put éviter d’être entrainé malgré lui dans le conflit. Les communistes cambodgiens tentèrent de prendre le pouvoir en 1967. Pour les combattre, le roi nomma premier ministre un homme à poigne, le général Lon Nol, anticommuniste notoire et proche des américains dont il était un affidé. Jugeant la politique de Sihanouk ambiguë, le premier ministre prit le pouvoir en mars 1970. Il profita de l’absence du roi en visite officielle à Moscou. Sihanouk trouva refuge en Chine. Pour recouvrer son trône, il s’allia avec les ennemis d’hier, les Khmers rouges dans un gouvernement royal d’union nationale. La Chine, la Corée du Nord, le Nord Vietnam et Cuba reconnurent le nouveau gouvernement en exil. Sur le terrain, la réalité du pouvoir était entre les mains des khmers rouges qui contrôlaient plusieurs milliers de combattants aguerris.

Avec l’aide du Viêt-Cong (guérilleros communistes qui se battaient au Sud Vietnam), ils lancèrent en avril 1970 une offensive contre le régime de Lon Nol. L’intervention militaire américaine en juin stoppa leur attaque. Les Etats-Unis aggravèrent le conflit en bombardant massivement la « piste Ho Chi Minh » par laquelle transitaient les hommes, le matériel de guerre et les munitions qui alimentaient les combattants communistes au Sud Vietnam. Le dédale des chemins dissimulés par la végétation tropicale passait par le Cambodge. A partir du mois d’août 1973, les attaques aériennes au napalm devinrent incessantes et tuèrent de nombreux villageois. Elles contribuèrent à l’impopularité du gouvernement de Lon Nol, incapable de défendre ses citoyens. Les Khmers rouges en profitèrent pour renforcer leur emprise sur le pays. Leur effectif passa de 5000 combattant à 70 000. En 1974, ils contrôlaient une grande partie du pays. Restait à prendre la capitale Phnom Penh. L’assaut fut lancé au début du mois d’avril 1975. Le 17 avril, la ville fut investie quasiment sans combat. L’armée cambodgienne s’était volatilisée. Lon Nol et plusieurs autres dignitaires du régime furent exécutés dès leur arrestation.

 Les ressortissants français et étrangers trouvèrent refuge dans les locaux de l’ambassade de France. Après une attente de trois semaines, ils furent autorisé à quitter le pays par les Khmers rouges. Ils traversèrent une ville désertée par ses habitants. Les Khmers rouges avaient en effet décidé de déporter la totalité de la population dont une grande majorité mourut assassinée, d’épuisement dans des marches forcées, de malnutrition. Les nouveaux dirigeants (Khieu Sampan et Pol Pot) affirmaient vouloir instaurer une société communiste sans classe, débarrassée des influences culturelles capitalistes et coloniales. Ils instaurèrent un régime génocidaire. Pendant les quatre années de leur règne, les Khmers rouges assassinèrent 1, 7 millions de personnes, soit 20 % de la population du pays. En décembre 1975, les troupes vietnamiennes mirent fin au génocide en occupant le pays et en installant un gouvernement plus respectueux des droit de l’homme. Mais, la communauté internationale inconséquente continua à soutenir Sihanouk et les Khmers rouges. Une guerre civile larvée opposa les différentes factions cambodgiennes entre elles. En 1997, les Khmers rouges cessèrent le combat. Le dernier chef encore en vie Pol Pot - étudiant à Paris de 1949 à 1953 - fut arrêté et condamné à la prison à perpétuité. Il mourut en détention en 1998. L’autre dirigeant charismatique Khieu Samphân, formé à Montpellier, a été condamné à la réclusion à vie en 2011.

J.-P.G.

Demain : Publication du premier numéro de L’Humanité

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16 Mars 2017 - 4:26pm

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