L'Europe régule ses monnaies

Ça s'est passé un 

13 Mars 1979

Dans les années 1970, la construction européenne qui regroupait 9 pays (Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Irlande, Danemark) progressait sur le plan politique. Mais l’absence d’une politique monétaire commune compliquait la convergence des économies des pays membres. Des dévaluations à répétition des monnaies « faibles » (franc français, lire italienne, livre anglaise) et des réévaluations des devises « fortes » (deutschemark, florin hollandais) maintenaient une grave instabilité dans le système de changes. Ces fluctuations incessantes créaient une concurrence déloyale entre les entreprises de la Communauté : le prix des produits fabriqués dans les pays dévalués baissait alors qu’il augmentait dans ceux qui possédaient une devise forte. Les échanges communautaires étaient menacés. En outre, les monnaies étaient à la merci des spéculateurs qui pouvaient par leur action influer sur leur cours. Autant dire que la construction européenne risquait de voler en éclat si un terme n’était pas mis à ce désordre. Le système monétaire européen (SME) répondait à cette nécessité. Négocié pendant plus d’un an par les Etats, il entra en vigueur le 13 mars 1979. Il prévoyait que les monnaies auraient désormais le droit de fluctuer autour d’un cours pivot de référence : par exemple le deutschemark et le florin bénéficiaient d’une marge de 2,25% alors que le franc, la lire et la livre obtenaient une marge de 6%.

 Des dévaluations de 30% comme l’avait décidé le Royaume-Uni en 1976 devenaient impossibles. Pour garantir la stabilité des changes, les Européens créèrent une unité monétaire européenne (ECU) qui était une sorte de panier alimenté par les devises des neuf pays membres de la Communauté. Désormais, les créances ou les dettes devaient être réglés en ECU. Enfin, un Fonds monétaire européen voyait le jour. Il était alimenté par 20% des réserves détenues par les banques centrales des pays.

 Le système ne donna pas entière satisfaction. Les dévaluations continuèrent (franc français, franc belge). En 1992 et 1993, des attaques spéculatives contre la lire, la peseta, le franc et surtout la livre sterling provoquèrent la fin du SME. Les marges de fluctuation passèrent de 2,5 % à 15 %. Chacun convint que le système était bancal. L’intégration économique rendait nécessaire la création d’une monnaie unique. L’euro fut mis en chantier.

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8 Février 2016 - 9:17am

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