Louis XIV devient roi de France à 5 ans

Ça s'est passé un 

14 Mai 1643

Fils aîné du roi bourbonien Louis XIII et de la reine habsbourgeoise Anne d’Autriche, Louis-Dieudonné était appelé à régner un jour sur le royaume de France et de Navarre, sauf accident. La mort prématurée de son père à l’âge de 41 ans précipita les événements. Malade, pressentant sa fin prochaine, Louis XIII avait minutieusement préparé sa succession. Il avait demandé à son premier ministre Jules Mazarin de tenir l’enfant sur les fonts baptismaux. Le souverain annonça également à la cour la création d’un Conseil de régence chargé de gérer les affaires du royaume jusqu’à la majorité du nouveau roi. Il nomma régente son épouse, la reine Anne d’Autriche. Son frère le duc d’Orléans, le prince de Condé, le premier ministre Mazarin plus deux autres ministres participaient au Conseil. Les décisions devaient être prises à la majorité, sans voix prépondérante pour la reine-mère. Il veilla à faire enregistrer par le parlement de Paris ses dernières volontés. Il mourut le 14 mai 1643. Par un étrange signe du destin, son père Henri IV avait été assassiné par Ravaillac un 14 mai, celui de l’année 1610. Le jour de son décès, son fils Louis-Dieudonné, un garçonnet âgé de quatre ans et huit mois, devint roi sous le nom de Louis XIV. La régente Anne d’Autriche exerça la réalité du pouvoir. Sa première décision consista à maintenir à son poste le cardinal Mazarin, provoquant l’hostilité de la Cour. Les grands seigneurs du royaume détestaient l’italien qui avait contribué à diminuer leur pouvoir et leur influence dans les affaires de l’Etat, perpétuant ainsi la politique initiée par Henri IV, poursuivie par Louis XIII, théorisée par Richelieu de son vivant.

A leur grande satisfaction, le renforcement de l’autorité monarchique marqua un temps d’arrêt avec l’instauration de la régence pendant la minorité de Louis XIV. Le temps de la revanche semblait venu pour les princes aigris et réduits à l’état de courtisans et les bourgeois sommés de jouer les banquiers de la monarchie. La contestation prit les années suivantes la forme d’une fronde de la noblesse, de la bourgeoisie et des parlementaires contre l’autorité royale. Il s’ensuivit une longue période de troubles et d’affrontements civils qui menacèrent la monarchie et l’unité du royaume. Le jeune roi resta profondément marqué par ces événements auxquels il assista en spectateur impuissant – il avait dix ans quand la crise éclata et quinze quand elle se termina. Jamais, il n’oublia sa fuite de Paris comme un vulgaire proscrit. Il s’y crut menacé de mort. Il retint la leçon et plus tard mit au pas tous ses opposants.

J.-P.G.

Demain : La rafle des "femmes indésirables"

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25 Avril 2017 - 6:38pm