Mikhaïl Gorbatchev accède au pouvoir

Ça s'est passé un 

11 Mars 1985

En Union soviétique la réalité du pouvoir n’était pas exercée par le président de la République ou le chef du gouvernement mais par le secrétaire général du parti communiste de l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). Il en était ainsi depuis la prise du pouvoir par les bolchéviques en 1917. Le chef du PC était le principal dirigeant du pays. Qui commandait le parti dirigeait l’Etat. Lénine avait ouvert la voie à cette catégorie de responsables politiques. Le 10 mars 1985, le numéro un soviétique alors en poste, le très conservateur Constantin Tchernenko, mourut à l’âge de 73 ans. Il avait succédé un an plus tôt à un autre vieillard, Iouri Andropov, 70 ans, qui avait dirigé l’URSS à peine 15 mois, après le décès d’un autre chef cacochyme Leonid Brejnev, 75 ans. En trois ans, trois secrétaires généraux s’étaient succédés à la tête de l’URSS. Les membres du comité central du parti chargés de trouver un remplaçant à Tchernenko décidèrent de ne plus puiser dans le vivier des vétérans formés lors de la seconde guerre mondiale ou dans celui qui avait joué les premiers rôles pendant la guerre froide avec l’ouest. Ils choisirent de nommer un représentant de la nouvelle génération capable de réformer le pays ruiné par une course aux armements perdue face aux Etats-Unis de Ronald Reagan. En outre, affaibli par la stagnation économique, l’URSS n’était pas préparée pour relever les défis multiples posés par la révolution informatique qui ne pouvait s’épanouir que dans une société ouverte, tout le contraire de l’URSS des années 1980.

Ils crurent trouver la perle rare en la personne de Mikhaïl Gorbatchev, un apparatchik âgé de 54 ans seulement, un « jeunot » selon les normes soviétiques, originaire de Stravopol dans le Caucase du nord. Fils d’un paysan, spécialiste de l’agriculture, le nouvel élu avait adhéré au parti communiste en 1951. Après avoir occupé diverses fonctions administratives, il entama une carrière au sein du parti. Elu député en 1970, il entra au comité central du PCUS l’année suivante. Nommé en 1978 à la tête du secrétariat chargé des questions agricoles, il modernisa le secteur ce qui lui valut d’entrer à 49 ans au bureau politique, le cœur du pouvoir soviétique. Ses pairs le choisirent pour diriger le pays en lui offrant le poste de secrétaire général du parti communiste de l’Union soviétique. Il fallait remonter à Staline pour trouver un secrétaire général aussi jeune.

 Le nouveau maitre du Kremlin connaissait l’état réel du pays. L’URSS était un vieil édifice vermoulu prêt à s’effondrer sous son propre poids. Pour enrayer le déclin moral, idéologique, économique, il renonça aux demi-mesures et à l’usage de la force contre les forces nouvelles qui demandaient à s’exprimer dans la société. Il lança une vaste politique de réformes par une restructuration (perestroïka) du pays. Trois objectifs étaient mis en avant : réduction des dépenses militaires en créant une dynamique de paix avec les pays capitalistes, accroissement et modernisation de la production industrielle mise au service des biens de consommation, mobilisation et libéralisation de la société en tenant un discours de vérité (glasnost) aux peuples soviétiques.

 Quand il s’installa dans ses bureaux au Kremlin, Mikhaïl Gorbatchev ne se doutait pas que six ans plus tard, l’échec de la perestroïka et de la glasnost conduirait à la disparition de l’Union soviétique 71 ans après sa fondation par Lénine et à la fin du bloc communiste imposé par Staline aux pays de l’est de l’Europe.

J.-P.G.

Demain : Intronisation du pape Pie XII

Google news Référence: 
775
13 Février 2017 - 6:15pm