Sept des "bataillons de jeunesse" fusillés

Ça s'est passé un 

9 Mars 1942

Condamnés à mort pour des faits de résistance, sept jeunes communistes appartenant aux « bataillons de la jeunesse » sont fusillés par les militaires allemands dans la clairière de la forteresse du Mont Valérien où ils étaient détenus depuis le 6 mars au soir. Ce jour-là, Roger Hanlet, Acher Samhaya, Robert Peltier, Christian Rizo, Tony Bloncourt et leur chef Fernand Zalkinow avaient écouté sans broncher la lecture du verdict de mort prononcé par le juge militaire allemand après trois jours de débats. Ils savaient que les autorités allemandes et notamment le général gouverneur militaire de Paris Carl-Heinrich von Stülpnagel, voulaient faire un exemple. Fernand Zalkinow déclara : « J'ai la certitude d'avoir agi dans l'intérêt de mon pays. Je ne regrette rien. Je ne regrette qu'une chose, c'est de quitter la vie à 18 ans. ». Le procès se déroula du 4 au 6 mars 1941 au sein du l’enceinte du palais Bourbon. Depuis l’occupation de la France, le siège de la Chambre des députés avait été réquisitionné par les Allemands qui y avaient installé des bureaux de la kommandantur. Les autorités militaires allemandes accusaient les sept jeunes gens d’avoir voulu instaurer un « régime soviétique » en France. Les résistants tous originaires du XIeme arrondissement de Paris appartenaient en effet au parti communiste clandestin et à son organisation de jeunesse. Au mois d’août 1941, ils avaient appris le maniement des armes et des explosifs dans un camp d’entrainement secret installé à Lardy dans l’Essonne. Le mois suivant les militants du « bataillon de la jeunesse » passèrent à l’action.

Leur but n’était pas d’installer le communisme en France mais, comme le précisa au tribunal Fernand Zalkinow, de « lutter contre l'armée d'occupation pour libérer la France ». Les opérations de guerre contre l’occupant nazi consistèrent surtout à arracher les poteaux indicateurs écrits en allemand, à incendier des véhicules militaires, à faire dérailler des trains et à brûler le fourrage destiné aux animaux de traits de l’armée allemande. En trois mois, le groupe mena dix-sept actions de guerre. Une dénonciation sans doute provoqua la chute du réseau le 30 octobre 1941. Parmi les suppliciés du 9 mars 1942 figurait Tony Bloncourt, un communiste haïtien qui avait participé à la manifestation des étudiants le 11 novembre 1940.

 La vengeance des nazis s’étendit à la famille de Fernand Zalkinow. Son père Nojme, un juif russe émigré en France en 1915, fut fusillé au Mont-Valérien le même jour que le père du colonel Fabien et le frère de Maurice Thorez, secrétaire général du PC. Sa mère Haina, ses sœurs Rachel et Juliette, son beau-frère Raymond furent déportés à Auschwitz-Birkenau et à Sobibor. Tous y furent assassinés.

Le général Carl-Heinrich von Stülpnagel qui avait été à l’origine du procès des sept résistants du « bataillon de la jeunesse », rallia le camp des antinazis les années suivantes. Il participa au complot organisé par des militaires contre Adolf Hitler le 20 juin 1944. Après l’échec de l’attentat, il fut confondu. Il rata son suicide et fut exécuté par pendaison à un croc de boucher.

Le résistant communiste Albert Ouzoulias dit le colonel André a raconté en 1971 dans un livre l’épopée des Bataillons de la jeunesse.

Demain : Exécution de l’innocent Jean Calas

Google news Référence: 
433
13 Février 2017 - 11:30am

Un jour, un événement