Un accord met fin au siège de La Rochelle

Ça s'est passé un 

6 Juillet 1573

Après l’échec du colloque de Poissy en 1561 qui visait à mettre fin au conflit théologique et politique qui opposait les catholiques et les protestants, le massacre des calvinistes à Wassy par le duc de Guise l’année suivante fut à l’origine des guerres de Religions en France. Le conflit prit un tour tragique lors du massacre de la Saint-Barthélemy le 24 août 1572. Conseillé par sa mère Catherine de Médicis et le clan des ultra catholiques, le roi Charles IX avait ce jour-là infligé une lourde défaite au protestantisme français. Mais, en province, de nombreux bastions calvinistes continuaient à défier le pouvoir royal. Fort de son avantage, le souverain était bien décidé à soumettre définitivement les chefs huguenots et leurs fidèles. Des milliers d’entre eux s’étaient réfugiés dans la place forte de La Rochelle, l’une des principales villes calvinistes du royaume. La cité maritime était protégée par une enceinte fortifiée. La prise de la ville marquerait assurément le triomphe définitif du camp catholique. Dans un premier temps, le roi tenta envoya un gouverneur négocier pacifiquement la reddition de la ville. La population refusa de recevoir le fonctionnaire royal. En représailles, on instaura le blocus de La Rochelle en novembre 1572. On espérait saper ainsi la résistance des protestants en les affamant. Au bout de trois mois, il fallut se rendre à l’évidence : cette politique avait échoué. Charles IX leva une armée. Il mit à sa tête son jeune frère le duc d’Anjou et lui adjoignit des princes compétents comme François d’Alençon, Henri de Navarre, le futur roi Henri IV, ancien protestant et le prince de Condé, également converti au catholicisme. 

Le siège de La Rochelle commença le 11 février 1573. Les milliers de fantassins lourdement armés, appuyés par un millier de cavalier, dotés d’une puissante artillerie et commandés par la fine fleur de la noblesse catholique française, ne doutaient pas de la victoire. Ils oubliaient que les 1300 assiégés étaient protégés par de solides remparts. Leur combativité était décuplée par la certitude qu’ils n’avaient aucune clémence à attendre de la part de leurs ennemis en cas de reddition. Le souvenir de la Saint-Barthélemy était là pour le leur rappeler. Les Huguenots montrèrent leur force de caractère quand leur gouverneur François de la Noue décida de quitter la ville au début du siège. Ils pouvaient également compter sur le soutien des protestants anglais qui ravitaillèrent La Rochelle par bateaux via la rade que les catholiques n’avaient pu bloquer. Le duc d’Anjou lança huit assauts contre la cité maritime entre février et juin. Toutes échouèrent au prix de lourdes pertes. Le renfort de 6000 fantassins suisses en mai ne permit pas de vaincre les protestants. Le siège visait à affamer les Rochelais. Or, paradoxalement, ce furent les assiégeants qui souffrirent de la faim. Finalement, une trêve fut décidée quand le duc d’Anjou apprit qu’il avait été élu roi de Pologne. Les Rochelais avaient gagné. Le 6 juillet 1573, la paix fut signée. L’édit de Boulogne, accorda la liberté de conscience aux huguenots qui recevaient trois villes de sûreté : La Rochelle restée inviolée, Nîmes et Montauban.

J.-P.G.

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21 Juin 2017 - 4:11pm

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