Un séisme tue 300 000 habitants à Haïti

Ça s'est passé un 

12 Janvier 2010

En deux minutes et trente secondes, Haïti a perdu près de 3% de sa population, soit 300 000 personnes tuées par un tremblement de terre dévastateur. Pour donner une idée de l’ampleur de la tragédie qui a ravagé le plus pauvre pays des Grandes Antilles, le séisme à la même échelle aurait tué 2 000 000 de français, soit l’équivalent des morts des deux guerres mondiales. A 16 h 53 minutes et 10 secondes – on connait l’heure avec précision grâces aux sismographes – la terre s’est mise à trembler dans la région de Port-au-Prince. L’épicentre du séisme était situé à 25 kilomètres de la capitale et son foyer à seulement 10 kilomètres de profondeur. Selon les chercheurs du CNRS, la magnitude de moment (une échelle logarithmique préférée à l’échelle de Richter) était situé entre 7 et 7, 3. Le séisme a été provoqué par le décrochage horizontal de deux plaques au niveau de la faille d’Enriquillo-Plantain Garden qui s’étend sur 300 kilomètres au sud d’Haïti. La plaque sud s’est déplacée vers l’est, provoquant une rupture de 70 kilomètres de long et d’un glissement de un à deux mètres. La présence à la surface d’une forte urbanisation explique l’ampleur des dégâts et le nombre des victimes d’autant que les heures suivantes une douzaine de répliques d’une magnitude de 5 à 5,9 ont enseveli les survivants et désorganisé les premiers secours. Le 20 janvier, un second tremblement de terre mesuré 6,1 a achevé de dévaster la région où vivaient près de 4 millions de personnes. La ville de Port-au-Prince avait été en partie rayée de la carte.

Les modestes habitations avaient été rasées au sol. Mais les principaux bâtiments de l’Etat s’étaient également effondrés comme châteaux de cartes. Le palais national avait perdu son toit, il fallut le détruire. Le Parlement, le palais de justice, l’ENA, les ministères des finances, des travaux publics, de la culture, des postes, des universités, des hôpitaux finirent en tas de gravats. Plus grave, la population avait payé un terrible tribut : 300 000 tués et autant de blessés auxquels il fallait ajouter 1, 2 millions de sans-abri. La destruction de l’appareil étatique laissa les survivants seuls face à leur malheur. Il fallait inhumer les morts alors que les chambres froides des morgues étaient détruites et les cimetières dévastés ou engorgés. En six jours, on ensevelit 70 000 personnes dans des fosses communes hâtivement creusées un peu partout. L’eau n’était plus potable, les aliments manquaient, les infections commençaient à emporter les enfants, les vieux et les malades.

 La catastrophe donna lieu à un inhabituel mouvement de solidarité en faveur du peuple haïtien. Les organisations internationales (ONU, CICR) et caritatives, les Etats (Etats-Unis, Union européenne, République dominicaine, Espagne, Italie, Israël, Maroc, Sri Lanka, Sénégal), les ONG, les artistes, les particuliers se mobilisèrent en envoyant de l’argent, des moyens d’intervention spécialisés dans les catastrophes, des équipes médicales, des tentes, des appareils pour purifier l’eau. La France aida également son ancienne colonie indépendante depuis 1804 en mobilisant d’importants moyens de recherche, un hôpital militaire chirurgical, plusieurs équipes médicales, des centaines de membres de la protection civile venus en partie des Antilles françaises et deux navires de la marine nationale.

 Le 25 janvier 2010, une conférence mondiale se tint à Montréal (Canada) en présence des représentants de 16 pays pour aider à la reconstruction du pays et de ses institutions politiques.

Demain : Première double greffe des mains

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7 Décembre 2018 - 6:51pm

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