Alain Decaux

  

27 Mars 2016
masculin

Ecrivain et académicien français, né le 23 juillet 1925 à Lille (Nord), décédé à Paris, à l’âge de 90 ans. Passionné de « petite » et de « grande » histoire, auteur prolifique et conteur talentueux, il anima plusieurs émissions à la radio et à la télévision qui firent aimer notre passé aux Français et assurèrent sa célébrité, au grand regret des universitaires jaloux de sa notoriété.

 Pendant plusieurs décennies, les historiens ont reproché à Alain Decaux d’être avant tout un autodidacte et un vulgarisateur. Il est vrai que son premier ouvrage publié en 1947 intitulé Louis XVII retrouvé faisait la part belle au « roman ». Sans aucune preuve « scientifique », le jeune historien en herbe affirmait que le fils de Louis XVI s’était échappé de la prison du Temple ou il était interné et avait vécu sous la fausse identité d’un horloger prussien nommé Naundorff. Son second livre Letizia. Napoléon et sa mère, explora également la veine des familles illustres mais répondit aux règles d’un ouvrage sérieux. Ces travaux lui permirent de rencontrer son ainé de 15 ans André Castelot (décédé en 2004), un passionné d’histoire. Une longue collaboration de plusieurs décennies réunit les deux hommes. En 1951, ils animèrent sur la radio France Inter la célébrissime Tribune de l’histoire. L’émission hebdomadaire fut diffusé jusqu’en 1997. En 1957, la télévision - un média en pleine expansion alors - fit appel à leur talent de scénariste et d’historien. Alain Decaux et André Castelot participèrent à l’aventure de La caméra explore le temps. Financée par l’ORTF et réalisée par le metteur en scène Stellio Lorenzi (1921-1990) la série diffusa 38 films jusqu’en 1966 dont certains furent réalisés en direct. Plusieurs sont restés dans les mémoires. Citons La mort de Marie-Antoinette, Le drame des poisons, Qui a tué Henri IV ?, L’assassinat du duc de Guise, La nuit de Varenne, La vérité sur l’affaire du courrier de Lyon, La terreur et la vertu : Danton et Robespierre, Les Cathares : La croisade, L’inquisition. Les grands comédiens de l’époque acceptèrent de figurer dans la distribution : François Chaumette,, Pascale Audret, Michel Bouquet, Annie Ducaux, Georges Descrières, Françoise Fabian, Bernard Fresson, Claude Gensac, Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Jean Négroni, Gisèle Pascal, Michel Piccoli. Viviane Romance, Pierre Vanek.

 Malgré son succès, l’émission fut arrêtée en 1966. L’appartenance de Stellio Lorenzi au parti communiste expliquait sans doute la décision des responsables de l’ORTF. Alain Decaux en profita pour publiers plusieurs livres historiques dont Grand secrets, grandes énigmes (1966), Nouveaux dossiers secrets de l’histoire (1967), Grandes aventures de l’histoire (1968) et surtout le best-seller Les Rosenberg ne doivent pas mourir (1968). En 1969, au lendemain de la démission du général de Gaulle, la télévision lui proposa d’animer une émission mensuelle. Baptisée sobrement Alain Decaux raconte, elle durait 45 minutes et traitait un événement ou un personnage historique. Grace au talent de conteur d’Alain Decaux le succès fut immédiat. L’émission dura sous diverses formes jusqu’en 1988. Entretemps, le romancier et journaliste avait été élu le 15 février 1979 à l’Académie française au fauteuil de Jean Guéhenno.

En 1984, il se réconcilia avec une partie des historiens qui le traitaient de haut, en publiant une somme sur Victor Hugo dont il devint de l’avis de ses lecteurs un des meilleurs biographes. La lecture des 22 000 lettres qu’échangea l’auteur des Misérables avec sa compagne Juliette Drouet influença sans doute le catholique de gauche qu’était Alain Decaux. En 1988, à la demande de François Mitterrand, réélu président, l’écrivain prolifique, le « forçat de l’histoire » comme le définit France-Soir, renonça à ses multiples activités et accepta d’entrer dans le gouvernement de Michel Rocard, au poste de ministre délégué chargé de la Francophonie. Il remplit sa mission avec succès pendant trois ans et resta le ministre préféré des Français après son départ. Après cet intermède politique, il publia un nouveau best-seller Jésus était son nom. L’historien ne cessa jamais d’écrire jusqu’à la fin de ses jours : un livre chaque année de 1996 (C’était le XXe siècle en quatre tomes) à 2015 (Fabuleux destin).  

Google news Référence: 
434
27 Mars 2016 - 5:50pm

Le carnet
des jours précédents

21 Juin 2018

28 Mai 2018

28 Mai 2018

27 Mai 2018

22 Mai 2018