Alain Devaquet

  

19 Janvier 2018
masculin

Homme politique français, né le 4 octobre 1942 à Raon-L’Etape (Vosges), décédé à Villejuif (Val-de-Marne), à l’âge de75 ans. Membre du parti néogaulliste RPR, élu député en 1981, il fut nommé en 1986 par le premier ministre Jacques Chirac ministre délégué chargé de la recherche et de l’enseignement supérieur. Son projet de réforme de l’université provoqua la révolte de la jeunesse qui manifesta en masse dans les principales villes universitaires françaises. A Paris, dans la nuit du 4 au 5 décembre 1986, un étudiant Malik Oussekine mourut à la suite d’une charge de la brigade volante motocycliste de la police. Jacques Chirac retira la réforme et Alain Devaquet démissionna.

Revenue au pouvoir à l’occasion des élections législatives de mars 1986, la droite (Rassemblement pour la République et Union pour la démocratie française) estimait avoir la légitimité pour mettre en œuvre son programme libéral qui rompait avec cinq années de « socialisme ». Un gouvernement de cohabitation dirigé par Jacques Chirac cohabita avec le président socialiste François Mitterrand. Le premier ministre confia à un de ses plus fidèles compagnons, Alain Devaquet, la lourde tâche de réformer l’université et d’introduire la sélection. En novembre 1986, Alain Devaquet, ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la recherche, présenta à l’Assemblée nationale, en vue de son adoption, son projet qui s’articulait autour de quatre points : l’autonomie des Universités était reconnue, les établissements fixaient le montant des frais d’inscriptions, une sélection à l’entrée des universités était favorisée pour tenir compte des besoins du marché du travail et des capacités d’accueil des facultés, les universités pouvaient choisir leur méthode d’enseignement ainsi que les diplômes qu’elles délivreraient. Les syndicats étudiants de gauche (UNEF-ID) et les enseignants de la FEN annoncèrent qu’elles s’opposaient à la réforme. Des grèves et manifestations éclatèrent dans de nombreuses universités, à Paris et en province. Le mouvement se généralisa rapidement à l’ensemble du pays. Le 22 novembre, une première manifestation nationale réunit deux cent mille personnes à Paris. Le 27 novembre, deux cent mille lycéens inquiets pour leur avenir défilaient dans la capitale pendant que la grève des cours se généralisait. 

 Le 30 novembre, Jacques Chirac, premier ministre, fort de sa majorité au Parlement, déclara à la télévision : « Je suis d’une sérénité totale », laissant entendre que son gouvernement ne fléchirait pas. Loin de refluer, le mouvement s’intensifia. Le 4 décembre, une nouvelle manifestation nationale des étudiants et des lycées appuyée par les syndicats ouvriers rassembla cinq cent mille personnes. Elle se termina par de violents affrontements avec les forces de l’ordre sur l’esplanade des Invalides, causant trois blessés graves parmi les manifestants. Le lendemain, des manifestations spontanées éclatèrent dans le quartier Latin à Paris pour protester contre les violences policières de la veille. La manifestation se termina par l’occupation de la cour de la Sorbonne comme en mai 1968.

 Dans la nuit, de violents affrontements se produisirent avec la police et notamment les brigades volantes à moto. A la suite d’une charge, le jeune étudiant Malik Oussekine, 22 ans, perdit la vie rue Monsieur-le-Prince, dans le sixième arrondissement. Le soir, le ministre de l’Education nationale, René Monory annonça qu’il prenait directement en main le dossier et qu’il ouvrait une concertation avec les étudiants et les lycéens. L’initiative arrivait trop tard. Le 6 décembre, une manifestation de protestation et de deuil jeta sur le pavé de Paris, entre la Sorbonne et la place d’Italie, des centaines de milliers de personnes. Au moment de la dispersion, de violents affrontements avec les forces de l’ordre tournèrent à l’émeute au quartier latin.

 Alain Devaquet, choqué par la mort de Malik Oussekine, démissionna de son poste de ministre. La crise estudiantine menaçait de dégénérer en crise politique. Le président François Mitterrand reçut dans la soirée Jacques Chirac rentré précipitamment du sommet européen de Londres. Il déclara : « La cohésion nationale doit passer avant toute chose. Je donnerai tort, et le pays avec moi, à quiconque usera de la violence ». Chacun comprit que le gouvernement était visé. Le 7, la coordination nationale appela à une journée de deuil pour le lendemain et à de nouvelles manifestations et à une grève générale pour le 10 décembre à laquelle la CGT se rallia. Le spectre de mai 68 hantait désormais les couloirs des ministères.

Le 8 décembre, Jacques Chirac préféra reculer et annonça le retrait du projet de réforme universitaire. La carrière ministérielle d’Alain Devaquet était terminée. En 1988, les électeurs de la 7ème circonscription de Paris lui renouvelèrent leur confiance en l’élisant député. Il cumula cette fonction avec celle de maire du 11ème arrondissement jusqu’en 1995. Réélu député en 1993. Non réélu en 1997, il fut nommé conseiller scientifique et chargé de mission de Jacques Chirac, élu président de la République en 1995. En 2007, il mit un terme à ses fonctions publiques.

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21 Janvier 2018 - 6:44pm

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