Alexandre Astruc

  

19 Mai 2016
masculin

Cinéaste et écrivain français, né le 13 juillet 1923 à Paris, décédé dans la même ville, à l’âge de 92 ans. Ami des intellectuels influencés par l’existentialisme au lendemain de la seconde guerre mondiale, il publia chez Gallimard un premier roman en 1945 intitulé Les Vacances. Considérant le cinéma comme un art en soi à l’égal de la littérature, il devint en 1947 l’assistant de Marc Allegret lors du tournage de Blanche Fury avant de voler de ses propres ailes. En 1948, il réalisa un court-métrage Aller et retour. Il publia cette année-là dans la revue L’Ecran français un article dans lequel il développait le concept révolutionnaire de « caméra-stylo ». 

Son article intitulé « Naissance d’une nouvelle avant-garde » affirmait que le cinéma devait s’affranchir du théâtre et de « l’image pour l’image » et qu’il était un langage en soi. Son analyse eut un grand retentissement et influença quelques années plus tard les cinéastes qui inventèrent la Nouvelle vague. En 1952, Alexandre Astruc eut l’occasion de mettre en application sa doctrine dans son premier long-métrage Le rideau cramoisi avec Anouk Aimée. La critique lui décerna le prix Louis-Delluc en 1952.

 Son film suivant Les Mauvaises Rencontres avec sa muse Anouk Aimée, Jean-Claude Pascal et un jeune débutant Michel Piccoli, est considéré par le cinéaste François Truffaut et par des historiens du cinéma comme le précurseur de la Nouvelle vague. Le jury de la Mostra de Venise lui décerna son prix du « réalisateur le plus prometteur ». Les années suivantes, il adapta Une vie (1958) d’après Guy de Maupassant et L’éducation sentimentale (1962) inspirée de Gustave Flaubert. En 1961, il réalisa un « drame mondain », La proie pour l’ombre, avec Annie Girardot. La seconde guerre mondiale servit de cadre à ses deux films suivants : La longue marche (1966) racontait l’histoire d’un groupe de résistants cévenols qui tentaient de rejoindre le maquis du Vercors, Flammes sur l’Adriatique (1968) traitait du dilemme de l’équipage d’un destroyer yougoslave qui hésitait en 1941 à se rendre aux autorités allemandes, après la signature d’un armistice. Après un intermède de 8 ans, Alexandre Astruc réalisa un documentaire sur Jean-Paul Sartre. Ce fut son dernier film pour le grand écran. Il réalisa pour la télévision plusieurs films historiques - Louis XI en 1978 et 1979 -, des feuilletons – Arsène Lupin en 1980 -, des adaptations de livres – Albert Savarus d’Honoré de Balzac en 1993.

 Son nom apparut pour la dernière sur le générique d’un film en 2001 quand il écrivit le scénario des Âmes Fortes de Raoul Ruiz. En 1975, le cinéaste renoua avec ses premières amours en publiant Ciel de cendres. Une dizaine de romans et d’essais suivirent les décennies suivantes, dont un remarqué Du stylo à la caméra et de la caméra au stylo – Ecrit 1942-1984 (1992), et un passionnant Evariste Galois (1994) à qui il avait consacré un court métrage en 1965.

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19 Mai 2016 - 5:01pm

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