André Rousselet

  

29 Mai 2016
masculin

Homme politique et chef d’entreprise français, né le 1e octobre 1922 à Nancy (Meurthe-et-Moselle), décédé à Paris, à l’âge de 93 ans. Après des études à la préfectorale après la seconde guerre mondiale, André Rousselet se destinait à une carrière de haut-fonctionnaire de l’Etat. En 1954, alors qu’il était sous-préfet à Issoudun (Indre), il fut remarqué par le ministre de l’intérieur de l’époque, un certain François Mitterrand qui lui demanda de rejoindre son cabinet. Une amitié que rien ne put briser lia les deux hommes pendant quatre décennies. En mai 1958, opposé au retour au pouvoir du général de Gaulle - également durement combattu par son mentor -, il mit fin à sa carrière de haut-fonctionnaire.

A l’âge de 36 ans, marié et père de trois enfants, André Rousselet trouva un emploi subalterne au sein de l’entreprise automobile Simca, alors premier constructeur français. En 1960, il racheta pour une somme dérisoire à son employeur une filiale, la compagnie de taxis G7 qui perdait de l’argent. En quelques années, André Rousselet la modernisa et la développa au point d’en faire la première compagnie du secteur. Pendant ces années, le chef d’entreprise continua à soutenir l’action politique de son ami François Mitterrand. En 1965, le futur leader de la gauche le chargea de rassembler des financements en vue de la campagne présidentielle de 1965. A la surprise générale, François Mitterrand mit en ballotage l'ancien chef de la France libre.

 En 1967, André Rousselet franchit le Rubicon et se présenta à l’élection législative dans une circonscription de la Haute-Garonne, sous la bannière de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS), fondée deux ans plus tôt par François Mitterrand. Elu, il siégea à l’Assemblée nationale un an seulement. En juin 1968, il fut sèchement battu par un candidat gaulliste, au lendemain des « événements de mai 1968 ». Tout en continuant à diriger la compagnie G7, André Rousselet participa en qualité de directeur financier à la campagne présidentielle de 1974, perdue de peu face à Giscard, et à celle victorieuse de 1981. Tout naturellement, il s’installa à l’Elysée en qualité de directeur de cabinet du président de la République socialiste.

 Avec le soutien de François Mitterrand, il prit la direction d’Havas avant de fonder en 1984 Canal+. Après des débuts difficiles et des menaces de faillite, la chaine de télévision à péage spécialisée dans le football sut séduire un nombreux public grâce à des émissions innovantes au ton libre. En une dizaine d’année, le groupe audiovisuel créé par André Rousselet devint un des acteurs majeurs sur la scène européenne. La multiplication des abonnements permit à Canal+ de multiplier les chaines thématiques et de se développer à l’international. Le retour de la droite au pouvoir en 1993 scella le destin d’André Rousselet. Un pacte d’actionnaires suscité par le pouvoir politique le marginalisa au sein d’Havas. Mis en minorité et isolé, le PDG de Canal+ fut contraint à la démission en 1994. Il publia dans Le Monde un article dans lequel il accusait le premier ministre Edouard Balladur d’avoir été à l’origine de son éviction. Il le titra « Edouard m’a tuer », en référence au meurtre de Mme Marchal et au graffiti qu’on avait trouvé près de son corps : « Omar m’a tuer ».

 André Rousselet rebondit cette même année en devenant l’actionnaire majoritaire du quotidien à bas prix Infomatin. L’aventure tourna court. En janvier 1996, lassé par les conflits incessants qui l’opposaient à la rédaction, il préféra déposer le bilan.

Google news Référence: 
529
29 Mai 2016 - 7:30pm

Le carnet
des jours précédents

7 Janvier 2018

4 Janvier 2018

6 Décembre 2017

5 Décembre 2017

4 Décembre 2017