André Turcat

  

5 Janvier 2016
masculin

Aviateur français, né le 23 octobre 1921 à Marseille (Bouches-du-Rhône), décédé à Beaurecueil (Bouches-du-Rhône), à l’âge de 94 ans. Diplômé de l’Ecole Polytechnique en 1942, André Turcat devint pilote dans l’armée de l’air. Il pilota notamment des avions de transport militaires Dakota C-47 pendant la guerre d’Indochine. En 1950, il intégra le Centre d’essai en vol (CEV) de Brétigny-sur-Orge où il fut le premier aviateur européen à franchir le mur du son en août 1954 à bord d’un avion expérimental (Gerfaut 1). Devenu pilote d’essai, il battit de nombreux record aéronautique (vitesse ascensionnelle et en circuit fermé). 

  Ces nombreux exploits lui valurent de recevoir en 1959 le trophée Harmon, considéré comme le prix Nobel de l’aviation. En 1962, il rejoignit la société Sud-Aviation et participa au perfectionnement de la Caravelle, le mythique biréacteur français de transport de passagers. Devenu directeur des essais en 1964, il fut nommé également pilote d’essai en chef de l’avion supersonique franco-anglais Concorde. Le 2 mars 1969, il eut l’honneur de piloter pour la première fois l’élégant appareil, peint en blanc. Secondé par Jacques Guignard, Henri Périer et Michel Rétif, il écrivit un nouveau chapitre de l’aventure aérienne. L’avion décolla majestueusement à l’heure dite de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, décrivit une courbe dans le ciel toulousain et effectua un vol de vingt neuf minutes au dessus de l’Aquitaine, avant de rejoindre sans encombre sa base. Le 1er octobre 1969, il prit les commandes du Concorde lors du premier vol supersonique.

 Après l’homologation de l’avion obtenue en 1975, il pilota le Concorde entre Paris et New York – une distance parcourue en 3 h 26 – à plusieurs reprises pour des vols commerciaux. En 1976, André Turcat prit sa retraite. Il avait totalisé 6 500 heures de vol soit l’équivalent de 271 jours dans les airs dont 720 à bord du Concorde. Quand les autorités américaines et des personnalités politiques françaises remirent en cause l’avion, accusé de polluer et d’être un échec commercial, André Turcat prit la plume et publia dans les journaux de nombreux articles pour le défendre « son avion » auquel il s’identifiait. 

  Devenu célèbre, il avait décidé de défendre ses idées en investissant le champ politique. Il fut élu adjoint - chargé du…logement – à la mairie de Toulouse en 1971. En 1978, il fut battu aux élections législatives mais se rattrapa en 1980 en devenant député européen sous la bannière du RPR, le parti néogaulliste fondé par Jacques Chirac. Lassé par les jeux politiciens, il démissionna l’année suivante et fonda l’Académie nationale de l’air et de l’espace. Il consacra son temps à sa passion, à défendre le Concorde, à écrire des livres (Concorde : essais et batailles en 2003, Pilote d’essais : mémoires en 2005).

 Avec André Turcat disparait un homme d'action et de conviction, une grande figure – à l’ancienne – de l’aviation.

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5 Janvier 2016 - 11:57am

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