Armand Gatti

  

6 Avril 2017
masculin

Ecrivain, dramaturge et journaliste français, né le 26 janvier 1924 Monaco, décédé à Saint-Mandé, à l’âge de 93 ans. Journaliste de terrain reconnu, il devint une des grandes figures du théâtre du XXe siècle, auteur d’une quarantaine d’œuvres inspirées par le monde dans lequel il évoluait. Il fut également un cinéaste novateur.

Fils d’une femme de ménage et d’un père balayeur, il vécut son enfance dans un bidonville de Beausoleil sur la Côte-d’Azur. Après le décès de son père lors d’une grève des éboueurs en 1942, il rejoignit le maquis en Corrèze. Arrêté, il échappa à la mort en raison de son jeune âge. Envoyé dans un camp de travail au nord de l’Allemagne – et non pas dans celui de Neuengamme comme il l’affirmait à tort -, il réussit à s’évader et à rejoindre Londres après un long périple. Il s’engagea dans le Special Air Service et fut parachuté en Hollande où il participa aux combats pour libérer le pays. Après la guerre, il trouva un emploi de journaliste au Parisien Libéré. Les années suivantes il signa des reportages aux quatre coins du monde pour Libération – celui de d’Astier de la Vigerie –, Paris Match, L’Express. En 1954 ses enquêtes sur les massacres des indiens du Guatemala lui valurent de recevoir le Prix Albert-Londres. Pendant les années 1950, il visita l’Afrique du nord, la Chine, la Corée du Nord, l’URSS, la Sibérie, l’Amérique latine où il rencontra le médecin argentin Ernesto Guevara. Il ramena de longs articles de ces séjours à l’autre bout du monde. En 1959, il mit fin à sa carrière de journaliste après l’assassinat par l’armée guatémaltèque d’un jeune indien dont il était devenu l’ami et qui lui reprochait de ne pas faire exister les mots. Il s’interrogea alors sur le langage : « pour quoi écris-tu ? ». Il répondit par l’intermédiaire de la forme théâtrale. Il publia d’abord en 1959 Le Crapaud-Buffle mit en scène par Jean Vilar. La représentation rompait avec tous les codes du théâtre bourgeois. Elle scandalisa les critiques conservateurs et désorienta les spectateurs. Les pièces s’enchainèrent : Le Quetzal, l’Enfant-Rat sur son expérience au Guatemala, La vie imaginaire de l’éboueur Auguste G. inspirée de la vraie vie de son père, V comme Vietnam sur la guerre du même nom, Chronique d’une planète provisoire, Les Treize soleils de la rue Saint Blaise.

 Homme aux talents multiples, Armand Gatti réalisa son premier long métrage L’Enclos qui avait pour cadre un camp de concentration. Le film remporta un prix au festival de Cannes et à celui de Moscou. Mais, c’est avec la création théâtrale qu’il se fit connaitre d’un large public. Les décennies suivantes, il multiplia les expériences de création et d’écriture avec des loulous et des jeunes « exclus » du système et sélectionnés par des organismes sociaux ou des élèves de troisième éduqués dans des « quartiers sensibles ». A partir de 1995, il se lança dans l’écriture d’une quinzaine de pièces ayant pour thème des questions scientifiques autour de la physique quantique.

En 2013, le dramaturge anarchiste et anti institutionnel dont le gouvernement de Michel Debré avait interdit La passion du général Franco apprit que l’Académie française lui attribuait son prix du théâtre pour l’ensemble de son œuvre. Armand Gatti ne cessa jamais de travailler. En 2014, à l’âge de 90 ans, il mit en scène Ces empereurs aux ombrelles trouées

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6 Avril 2017 - 3:54pm

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