Claude Estier

  

10 Mars 2016
masculin

 Homme politique français, né le 8 juin 1925 à Paris, décédé à l’âge de 90 ans. Toute sa vie, Claude Hasday Ezratty – son nom pour l’Etat-civil - resta fidèle au socialisme démocratique. Que ce soit au sein des Forces française de l’intérieur (FFI) pendant la seconde guerre mondiale, dans les différentes rédactions (Libération, France observateur, Le Monde, L’Unité) où il travailla, à la SFIO puis au parti socialiste, au parlement où il siégea par intermittence de 1967 à 2004, celui qui fut résistant, journaliste, militant et homme politique lutta pour amener la gauche au pouvoir. 

 Le 10 mai 1981, Claude Estier atteignit son but en contribuant à la victoire de François Mitterrand à l’élection présidentielle et au triomphe de la gauche aux élections législatives organisées le mois suivant.

 Engagé dans la Résistance à Lyon en 1942 à l’âge de 17 ans, il adhéra à la SFIO à la Libération. Situé à l’aile gauche du parti, il dénonça dans un article publié dans Bataille socialiste la politique répressive de son camarade Jules Moch, ministre de l’intérieur pendant les grèves de 1947 organisées par la CGT et soutenues par le parti communiste. Ses critiques lui valurent d’être exclu du parti. Claude Estier rejoignit alors le parti socialiste unitaire (PSU), créé notamment par Gilles Martinet, également en rupture avec la gauche de gouvernement. Journaliste au Progrès de Lyon, Claude Estier participa, avec le stylo comme arme, aux débats qui divisaient la gauche à l’époque. Il devint en 1954 un des piliers du service politique de l’hebdomadaire France Observateur, fondé par Gilles Martinet et Claude Bourdet. Il soutint les mouvements de décolonisation en Indochine et en Algérie, en contradiction avec la politique conduite par le président du Conseil socialiste Guy Mollet. Il s’opposa à l’expédition de Suez en octobre 1956 et à l’envoi du contingent contre la rébellion algérienne.

 Le retour au pouvoir du général de Gaulle changea la donne politique à gauche. La rupture avec la SFIO fut consommée quand Guy Mollet accepta un poste de ministre d’Etat dans le gouvernement présidé par de Gaulle. Farouchement antigaulliste, Claude Estier et le courant qu’il représentait trouvèrent un allié inattendu en la personne de François Mitterrand, également violemment opposé à l’ancien chef de la France libre. En 1958, Claude Estier devint rédacteur en chef du quotidien Libération, créé par d’Astier de la Vigerie pendant la seconde guerre mondiale. Désormais proche de François Mitterrand qui le chargea de nouer des contacts avec le parti communiste, il participa à la campagne présidentielle de 1965 qui aboutit au ballotage du général de Gaulle. Convaincu que la victoire était possible dès lors que la gauche était rassemblée, Claude Estier décida d’abandonner le journalisme, de s’engager dans la politique active et d’affronter le suffrage universel. En 1967, les électeurs l’envoyèrent siéger à l’Assemblée nationale. Après la prise du contrôle de la vieille SFIO par François Mitterrand et ses alliés en 1971 et la fondation du parti socialiste dans la foulée, Claude Estier dirigea l’hebdomadaire du nouveau parti baptisé L’Unité, une allusion à la nécessité d’unir toutes les familles socialistes divisées, et à trouver un accord programmatique avec le PCF.

 Débatteur courtois mais pugnace et rarement pris en défaut, Claude Estier participa à tous les combats de la gauche de l’époque. Chargé de porter la parole de son parti et de répliquer aux arguments de ses adversaires de droite, il devint un habitué des studios de radio et des plateaux de télévision. L’élection en 1981 de François Mitterrand à la plus haute charge de l’Etat sonna comme une revanche. Portée par « la vague rose » de juin 1981, il redevint député de Paris. En 1986, il fit son entrée au Sénat et présida le groupe socialiste jusqu’en 2004, date à laquelle il prit sa retraite. Il renoua alors avec son métier de journaliste. En 2005, il publia Un combat centenaire : 1905-2005, une histoire des socialistes. Auteur d’un livre de mémoires J’en ai tant vu (2008), il consacra en 2014 un ouvrage à Anne Hidalgo, maire de Paris.

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10 Mars 2016 - 5:01pm

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