Emmanuelle Riva

  

28 Janvier 2017
feminin

Comédienne française, née le 24 février 1927 à Cheniménil (Vosges), décédée à Paris, à l’âge de 89 ans. Grande figure du cinéma français, elle fut découverte en 1959 par Alain Resnais qui lui donna le rôle principal de son chef-d’œuvre Hiroshima, mon retour. Aussi à l’aise devant la caméra que sur la scène des théâtres, elle reçut le César de la meilleure actrice en 2013 pour son interprétation dans Amour de Michael Haneke.

Née dans une famille ouvrière d’origine italienne, Paulette Riva se forma d’abord sur le tas au sein d’une troupe théâtrale d’amateurs à Remiremont. Elle « monta » à Paris au milieu des années 1950 pour parfaire sa formation et tenter sa chance comme comédienne. Elle joua notamment plusieurs œuvres de Bernard Shaw. Alors qu’elle jouait L’Epouvantail, le cinéaste Alain Resnais découvrit son visage sur l’affiche publicitaire de la pièce. Il décida de l’enrôler pour interpréter le personnage féminine du premier long-métrage qu’il préparait, intitulé Hiroshima, mon amour. Sur un scénario et des dialogues de Marguerite Duras, le film racontait l’histoire d’une actrice française jouée par Emmanuelle Riva venue tourner un film dans la ville atomisée par les américains. Elle y rencontrait un architecte japonais (Eiji Okada) dont elle tomba amoureuse. Au japonais qui lui répétait : « Tu n’as rien vu à Hiroshima », elle lui révéla comment des résistants de la vingt cinquième heure l’avait tondue à Nevers, à la Libération, pour la punir d’avoir aimé un soldat allemand (Bernard Fresson). Le thème traité, l’imbrication du présent et du passé, la confrontation des mémoires, l’imbroglio provoqué par le mélange du vrai et de l’imaginaire, provoquèrent une guerre entre les anciens et les modernes. Marcel Achard, président du Festival de Cannes en 1959, résuma le point de vue des premiers en s’exclamant : « C’est de la merde ». Les seconds, beaucoup plus nombreux, partageaient l’avis du critique des Cahiers du cinéma qui jugea que le film avait « bouleversé l’histoire du cinéma ». Sorti en salle, Hiroshima, mon amour révolutionnait la narration cinématographique et annonçait une nouvelle ère pour le cinéma, comme le nouveau roman avait bouleversé la littérature. Il attira 2,2 millions de spectateurs, un chiffre énorme pour un film d’auteur.

 Désormais célèbre, Emmanuelle Riva apparut à l’affiche de Kapo de Gillo Pontecorvo et dans Léon Morin prête de Jean-Pierre Melville où elle donna la réplique à Jean-Paul Belmondo. En 1962, son interprétation dans Thérèse Desqueyroux de Georges Franju lui valut de recevoir la coupe Volpi de la meilleure actrice au festival de Venise. Dans les années 1980, elle apparut dans des films de jeunes cinéastes d’auteur réputés difficiles comme Marco Bellochio (Les Yeux, la bouche en 1982) et Philippe Carel (Liberté, la nuit en 1983). Menant de front son métier d’actrice de cinéma – et une soixantaine de films -, et de comédienne de théâtre, elle joua des pièces contemporaines mais aussi les grands classiques du répertoire français et étranger (Euripide, Shakespeare, Molière, Gorki, Pirandello.

 En 2012, à l’âge de 85 ans, elle fit un retour magistral au cinéma en 2012 dans Amour de Michael Heneke dans lequel elle interprétait une professeure de piano octogénaire malade dont la mémoire et les souvenirs s’effaçaient sous le regard impuissant de son époux joué par Jean-Louis Trintignant. Ce film sur la vieillesse et la mort remporta la Palme d’or à Cannes grâce à l’interprétation notamment d’Emmanuelle Riva comme le mentionna le jury. Bien que malade, l’actrice continuait à tourner. L’été dernier, elle tourna en Islande son dernier film qu’on devrait voir prochainement sur les écrans.

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28 Janvier 2017 - 8:52am

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