Ettore Scola

  

20 Janvier 2016
masculin

Cinéaste et scénariste italien, né le 10 mai 1931 à Trevico (Campanie), décédé à Rome (Latium), à l’âge de 84 ans. Contemporain et héritier de Federico Fellini, il fut l’un des plus grands représentants du cinéma italiens dans les années 1970 et 1980, réalisant plusieurs chefs-d’œuvre dont Affreux, sales et méchants.

Après des études de droit, le jeune Ettore Scola se lança dans le dessin satirique. Il collabora à la revue Marc Aurelio ou avait également travaillé Fellini une dizaine d’années plus tôt. Dans les années 1950, il devint scénariste et fut l’auteur de plusieurs dizaines de scripts tombés depuis dans l’oubli. Seuls surnagèrent les scénarios rédigés pour Le Fanfaron, Les Monstres ou La Marche sur Rome, des films réalisés par Dino Risi, le maître de la comédie italienne.

  Au bout d’une douzaine d’année, se sentant suffisamment aguerri, Ettore Scola décida de passer derrière la caméra. Il réalisa en 1964 Parlons femme, un film composé de neuf sketches, un genre en vogue à l’époque. Le grand acteur Vittorio Gassman y donnait la réplique à Sylva Koscina. Il enchaina avec plusieurs films parodiques ou satiriques comme Nos héros réussiront-ils à retrouver leur ami disparu en Afrique ? En 1970, changeant de registre, il dirigea Marcello Mastroianni dans Drame de la Jalousie. Le film fut présenté au festival de Cannes et valut à son acteur principal le prix d’interprétation masculine.

 Cinéaste apprécié dans son pays où il tournait un film par an en moyenne, il connut le succès mondial – notamment en France – en 1974  avec Nous nous sommes tant aimé. Le public et la critique aimèrent cette chronique douce-amère et cruelle qui contait l’histoire de trois anciens camarades (un bourgeois, un enseignant et un ouvrier), résistants et inséparables pendant la guerre dont l’amitié s’étiola les décennies suivantes.

 En 1976, il prolongea sa réflexion sur la désintégration de la société italienne et l’indifférence sociale dans Affreux, sales et méchants dont l’action se déroulait dans un bidonville de Rome. Le film interprété par un extraordinaire Nino Manfredi se voulait une métaphore grotesque de l’Italie dont les élites ignoraient les plus pauvres, incapables de s’insérer dans le monde moderne et abandonnés à leur sort. Il remporta le prix de la mise en scène au Festival de Cannes.

 L’année suivante, Ettore Scola présenta son film le plus célèbre, Une journée particulière avec Marcello Mastroianni et Sophia Loren qui interpréta alors son dernier grand rôle. Ce jour-là, le 8 mai 1938, Benito Mussolini accueillait à Rome Adolf Hitler. Une mère de six enfants restée dans son immeuble pour s’occuper des tâches ménagères rencontra dans un immeuble vidée de ses habitants, un intellectuel homosexuel, menacé de déportation par le régime fasciste. Le film remplit les salles où il était projeté et remporta de nombreux prix dont le César du meilleur film étranger en 1978.

 Homme de gauche, proche du parti communiste italien pour lequel il réalisa plusieurs documentaires, Ettore Scola doutait au fond de lui-même que la politique pût changer le monde. Il exprima ses doutes et son désenchantement avec profondeur et humour dans la comédie La Terrasse où il réunit ses acteurs fétiches : Marcello Mastroianni, Ugo Tognazzi,  Jean-Louis Trintignant, Vittorio Gassman et un nouveau venu Serge Reggiani). Deux ans plus tard, il s’intéressa à l’histoire de France et mit en scène La nuit de Varennes, une comédie sur la tentative de fuite de la famille royale en juin 1791. Malgré une distribution internationale brillante (Jean-Louis Barrault, Maria Schygulla, Marcello Mastroianni, Harvey Keitel, Laura Beti, Jean-Claude Brialy, Michel Piccoli, Jean-Louis Trintignant), le film fut boudé par le public.

 En 1983, Ettore Scola demeura dans notre pays pour tourner Le Bal, un film incomparable sur l’histoire de la danse de salon en France, du Front populaire au disco des années 1980. Le film remporta le César du meilleur film, ex aequo avec A nos amours de Maurice Pialat. Ce fut le dernier succès public d’Ettore Scola. Les neuf films qui suivirent - Macaroni en 1985 avec Jack Lemmon et Marcello Mastroianni ou La Famille en 1987 - ne convainquirent ni la critique, ni le public.

 En 2013, il présenta à la Mostra de Venise, un documentaire intitulé Qu’il est étrange de s’appeler Federico, un hommage à Fellini, le réalisateur de La Dolce Vita, qu’il considérait comme un maître. Ce fut son dernier film, une manière de clap de fin de l’âge d’or du cinéma italien dont il était l'un des derniers représentants encore en vie..

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20 Janvier 2016 - 9:02am

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