Evelyne Sullerot

  

4 Avril 2017
feminin

Sociologue et féministe française, née le 10 octobre 1924 à Montrouge (Seine), décédée à Paris, à l’âge de 92 ans. Militante féministe, elle cofonda en 1956 La Maternité heureuse qui se transforma en Mouvement français pour le planning familial en 1960. Elle fut une des pionnières de la lutte pour permettre aux femmes d’avoir accès à la contraception et à l’avortement.

Née dans une famille protestante – son père était pasteur de l’église réformée –, Evelyne Hammel participa à la résistance pendant la seconde guerre mondiale au sein de l’organisation civile et militaire des jeunes. Ses parents sauvèrent onze juifs de la déportation dans les camps de la mort, une action héroïque qui leur valut de recevoir à titre posthume la médaille des Justes de Yad Vashem. Mariée à François Sullerot, mère de quatre enfants, Evelyne poursuivit son combat pour l’émancipation des femmes après la seconde guerre mondiale. Elle cofonda avec le médecin Marie-Andrée Weill-Hallé l’association La Maternité heureuse qui se fixait pour objectif de « lutter contre les avortements clandestins, assurer l’équilibre psychologique du couple et améliorer la santé des femmes et des enfants ». Quatre ans plus tard, l’association précisa sa doctrine et se transforma en Mouvement français pour le planning familial. Les deux premiers centres ouvrirent à Paris et Grenoble. Tout naturellement, Evelyne Sullerot milita pour permettre l’accès libre des femmes à la contraception et à l’avortement. Elle lutta en faveur de l’égalité homme-femme dans le couple, au travail, dans l’espace public dans la sphère politique.

 Après avoir repris des études de sociologie, elle consacra en 1964 un ouvrage à La Presse féminine dans lequel elle décortiquait les discours stéréotypés des journaux destinés aux femmes. Un livre complété en 1965 par Demain les femmes, une réfutation des clichés qui présentaient le statut des femmes comme un fait naturel alors qu’il résultait d’une fabrication par les forces patriarcales au fil des siècles. Traduit en onze langues, l’ouvrage fut un best-seller. Reconnue comme une des meilleures sociologues de la question féminine, elle eut l’honneur de voir ses livres publiés dans de nombreux pays étrangers. En 1974, son Histoire et Mythologie de l’amour, huit siècles d’écrits féminins fut couronné par la très masculine Académie française. Enseignante à l’université de Nanterre, elle rédigea un rapport sur « L’emploi des femmes et ses problèmes dans la CEE » qui fut à l’origine d’une directive européenne sur l’égalité de traitement entre les hommes et les femmes.

 A la fin de sa vie, Evelyne Sullerot dressa en 2006 un constat sans concession sur les combats qu’elle avait menés dans Pilule, sexe, ADN. Trois révolutions qui ont bouleversé la famille. Elle se désolait notamment que « l’avortement est devenu une « contraception-bis ». Elle jugeait que la révolution sexuelle de mai 1968 allait trop loin : « La révolution sexuelle au lieu de renforcer le couple, l’a fragilisé : le culte du plaisir immédiat l’a emporté sur le désir d’avenir et d’accomplissement par les enfants. [Le planning familial a] dérapé vers la guerre des sexes entraînant la négation du couple et l’élimination des pères ». En 2005, elle sembla s’éloigner des féministes en soutenant l’action de l’association SOS Papa dont elle devint la marraine.

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4 Avril 2017 - 2:42pm

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